Un acteur clé de la protection de l’enfance au cœur d’une procédure
Fondée à Montauban en 1956, l’association Sauvegarde de l’enfance Haute-Occitanie intervient pour le compte de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) et de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ). Elle accompagne 2 enfants dans quatre départements (Tarn-et-Garonne, Tarn, Lot, Gers) et emploie 253 salariés. Cinq mois après son placement en redressement judiciaire, une audience s’est tenue ce 29 juin au tribunal judiciaire de Montauban afin d’examiner la suite à donner au dossier.
L’association est désormais « en passe d’être cédée ». La perspective de reprise intervient après la découverte d’un déficit qualifié d’abyssal, supérieur à 5 millions d’euros, qui fragilise la continuité de ses missions d’accompagnement.
Procédure en cours et échéances
Selon les éléments présentés à l’audience, une prolongation de la période d’observation de six mois a été sollicitée afin de pouvoir étudier les offres de reprise. La décision a été mise en délibéré : le jugement est attendu le 7 juillet. Dans l’intervalle, l’activité se poursuit dans le cadre du redressement.
Le plan de retour à l’équilibre soumis par l’association au conseil départemental de la Haute-Garonne, décrit comme principal financeur, a été rejeté, ce qui renforce l’option d’une cession.
Alertes des salariés et climat social
Du côté des équipes, des signaux d’alerte avaient été publiquement relayés en amont. Une première expertise économique demandée par le CSE en 2023 portait sur les comptes 2020–2022. En 2025, une alerte économique a suivi.
« Les salariés avaient alerté depuis 2023, via le CSE […] sur la gestion opaque de l’association et les difficultés financières », rappelle Claire Laguidon, éducatrice spécialisée, secrétaire du CSE et secrétaire générale du syndicat CGT de l’association.
Selon la CGT, les résultats de l’alerte économique « se révèlent catastrophiques ». « Les déficits s’accumulent, et rien n’est fait par la gouvernance pour rectifier le tir. »
Ces éléments traduisent une inquiétude partagée par les professionnels quant à la trajectoire financière et à la gouvernance, dans un secteur où la stabilité des équipes conditionne la qualité de l’accompagnement des jeunes.
Enjeux locaux pour le Tarn-et-Garonne
Pour le Tarn-et-Garonne, où se situe le siège historique, l’issue de la procédure revêt un caractère stratégique. Elle engage la continuité des prises en charge confiées par les autorités publiques et l’avenir de 253 emplois spécialisés. La période d’observation doit permettre d’identifier des repreneurs capables d’assurer la poursuite des missions d’intérêt général portées par l’association, tout en sécurisant le cadre budgétaire.
Les familles et partenaires institutionnels restent dans l’attente d’un calendrier clarifié. La perspective d’une cession, si elle est confirmée, devra préserver la cohérence des dispositifs entre l’ASE, la PJJ et les départements concernés.
Repères chiffrés
| Élément | Donnée |
|---|---|
| Année de création | 1956 (Montauban) |
| Public accompagné | 2 enfants |
| Départements d’intervention | 4 (82, 81, 46, 32) |
| Effectif | 253 salariés |
| Situation financière | Déficit > 5 M€ |
| Procédure | Redressement judiciaire depuis le 30 janvier 2026 |
| Audience récente | 29 juin au tribunal judiciaire de Montauban |
| Décision attendue | 7 juillet |
Ce qu’il faut retenir
- Une association pivot de la protection de l’enfance en Occitanie se dirige vers une cession après l’échec d’un plan de redressement.
- Le tribunal judiciaire de Montauban rendra sa décision le 7 juillet, à l’issue d’une audience ayant envisagé la prolongation de la période d’observation.
- Les 253 salariés et les 2 enfants accompagnés sont directement concernés par l’issue de la procédure.
Jusqu’au délibéré, la vigilance reste de mise pour les acteurs sociaux et les familles, dans un contexte où la préservation des missions et des compétences sera déterminante pour la suite.