Un bilan hydrologique en net recul
Face à une dégradation progressive des conditions climatiques dans l’Eure, l’État actualise son point de situation. Après une recharge hivernale tardive et un printemps globalement peu arrosé – à l’exception de février – les nappes ont commencé leur décrue dès le mois de mars. Le déficit de pluie s’est installé depuis quatre mois (mai mis à part), tandis qu’un épisode de canicule prolongée a asséché les sols. Résultat: l’humidité superficielle est très basse et les cours d’eau glissent vers des niveaux de période sèche, localement très sèche lorsque la nappe ne soutient plus suffisamment le débit.
Dans ce contexte, Xavier Delarue, préfet de l’Eure, a réuni le 1er juillet un comité restreint « ressource en eau » pour partager le diagnostic et caler les orientations. Un suivi renforcé est conduit depuis fin avril par les services et organismes compétents (DREAL, OFB, BRGM), en coordination avec les départements voisins pour assurer une cohérence amont-aval.
Vigilance et alerte: les bassins concernés
Au vu des indicateurs, les niveaux évoluent ainsi:
| Bassin ou secteur | Niveau |
|---|---|
| Calonne | Vigilance (maintien) |
| Epte | Vigilance |
| Eure aval | Vigilance |
| Risle aval | Vigilance |
| Avre amont | Alerte |
| Charentonne | Alerte |
| Iton amont et aval | Alerte |
| Risle amont | Alerte |
Les prévisions météo à l’échelle du département, jusqu’au 15 juillet, confirment des débits bas sur la majorité des cours d’eau, avec quelques exceptions locales où la nappe continue d’alimenter les rivières.
Ce que change le passage en alerte
Le niveau vigilance vise d’abord à mobiliser le public et les collectivités autour des économies d’eau. Le niveau alerte enclenche, lui, un premier palier de restrictions visant une réduction des prélèvements non essentiels d’environ 30 %. Dans les communes situées sur les bassins en alerte, les principales mesures communiquées par la préfecture sont les suivantes pour les particuliers:
- Arrosage des jardins potagers interdit de 11h à 18h.
- Lavage des véhicules à domicile interdit à toute heure.
- Remplissage des piscines privées de plus de 1 m³ interdit à toute heure (sauf remise à niveau et premier remplissage pour les bassins dont la construction avait débuté avant les premières restrictions).
Des mesures s’appliquent aussi aux usages professionnels. La communication préfectorale évoque des consignes pour le secteur agricole, avec des règles spécifiques d’irrigation selon les zones. Pour le détail complet, il est recommandé de consulter les arrêtés et cartes mis à jour sur le site de la préfecture.
Pourquoi ces gestes comptent
Dans un département où cohabitent usages domestiques, agricoles, économiques et besoins des milieux aquatiques, chaque mètre cube économisé limite la pression sur les nappes et les cours d’eau. En période d’étiage, les prélèvements non indispensables aggravent les tensions et peuvent conduire à des niveaux plus sévères (alerte renforcée, crise) avec des impacts plus larges pour tous les usagers et pour la biodiversité.
Où s’informer et comment s’organiser
- Vérifier le niveau en vigueur de votre commune sur le site de la préfecture de l’Eure (mise à jour du 02/07/2026).
- Adapter vos usages à la plage horaire autorisée pour l’arrosage et privilégier des solutions sobres (récupération d’eau de pluie lorsqu’elle est disponible, paillage, report des travaux non urgents).
- Pour les professionnels et agriculteurs: se référer aux arrêtés et aux consignes techniques sectorielles communiquées par les services de l’État.
Les autorités rappellent que la situation est évolutive. De nouvelles mesures pourront être prises en fonction des conditions météorologiques et de l’état des ressources. La coordination engagée avec les départements limitrophes doit permettre une gestion cohérente à l’échelle des bassins versants.