La sécheresse contraint les loueurs à raccourcir leurs parcours
Depuis le 17 juillet, un arrêté préfectoral impose des restrictions sur la navigation de loisirs sur certains tronçons de l'Orne et des cours d'eau de la Suisse normande. Dans les gorges, là où habituellement les descentes de canoë et kayak attirent des centaines de personnes par jour, les itinéraires ont été réduits, voire interdits. Résultat : la seule descente autorisée actuellement au départ de Pont-d'Ouilly ne dépasse pas 5 km.
Sur les berges de Clécy, les loueurs ressentent immédiatement les effets. L’entreprise Beau Rivage, implantée le long de l’Orne, commercialisait jusqu’à récemment des parcours de 7 km et de 13 km. Ces deux options ne sont plus praticables ; le matériel et les équipes ont dû être déplacés pour faire partir les clients depuis Pont-d'Ouilly, où une dérogation permet encore une courte descente.
« Ça va faire une perte d'un peu près 30%. Au niveau de la clientèle, au lieu de faire un peu près 350 personnes par jour quand il fait beau, on en fait juste une petite centaine. » — gérant d’un loueur à Clécy
Ce déplacement de l’activité n’efface pas le manque à gagner : moins de clients signifient moins de recettes pour les entreprises de location, mais aussi pour les cafés, snack-bars et autres commerces dépendant du flux estival. Les loueurs tentent de compenser en valorisant autres prestations — pédalos, bateaux électriques — mais ces activités ne remplacent pas totalement le chiffre d’affaires perdido.
Une tension hydrique qui s’élargit
Sur le terrain, les riverains et habitués observent le même constat : des berges à nu et des bas niveaux d’eau inhabituels. Certains visiteurs évoquent le réchauffement climatique comme cause visible de ces changements.
« On le voit bien, quand on est arrivé, il y a beaucoup moins d'eau que d'habitude. C'est totalement le réchauffement climatique. » — une habituée de Clécy
Les services de l’État indiquent que l’ouest et l’est du département sont en alerte renforcée pour la sécheresse, l’Orne figurant parmi les cours d’eau les plus bas. L’arrêté préfectoral vise à préserver les zones sensibles et à limiter les risques pour la faune et la flore aquatique, mais il provoque des répercussions économiques locales immédiatement perceptibles.
Conséquences locales et réponses pratiques
- Réduction de l’offre : parcours raccourcis ou annulés, concentration des départs sur Pont-d'Ouilly.
- Perte de fréquentation : baisse estimée à environ 30 % pour certains loueurs.
- Adaptation commerciale : recours à d'autres activités de loisir nautique et restauration pour maintenir une clientèle.
Pour les visiteurs, il est conseillé de se renseigner auprès des loueurs avant de se déplacer : itinéraires, points de départ disponibles et mesures sanitaires ou environnementales en vigueur peuvent évoluer selon les niveaux d’eau. Les élus locaux et professionnels du tourisme appellent par ailleurs à une communication coordonnée pour limiter les désagréments et orienter au mieux la clientèle estivale.
| Élément | Situation |
|---|---|
| Arrêté préfectoral | Appliqué depuis le 17 juillet |
| Descente accessible (Pont-d'Ouilly) | 5 km |
| Parcours habituel (Clécy) | 7 km et 13 km interdits |
| Perte annoncée (ex. Beau Rivage) | ≈ 30 % (350 → ~100 personnes/jour) |
Sur le terrain, la sécheresse dessine déjà de nouveaux paysages sur l’Orne. À court terme, commerçants et prestataires cherchent des solutions pour préserver leur activité ; à moyen et long terme, la question de l’adaptation du tourisme de nature à des saisons plus sèches s’impose pour les communes de la Suisse normande.