Une première étape concrète vers la valorisation locale des eaux
La station d'épuration des Eaux blanches, à Sète, a inauguré ce vendredi un dispositif permettant de réutiliser une partie de ses eaux traitées pour des usages urbains. Gérée par Thau Maritima, filiale de Suez, l'infrastructure proposera désormais une alternative au rejet en mer, en fournissant de l'eau pour le nettoyage des voiries, l'hydrocurage des réseaux, les travaux publics et même la lutte contre les incendies.
La nouveauté repose sur une séquence de traitements complémentaires qui rendent l'eau utilisable sur l'espace public : après une ultrafiltration membranaire, les effluents subissent une double désinfection par UV puis par injection de chlore, cette dernière apportant une action rémanente dans le temps, condition exigée pour l'usage en présence de public.
« C'est vraiment un enjeu de sécurité hydrique »
Cette phrase, prononcée par Antoine Bréchignac, président de Thau Maritima, résume l'enjeu : face au stress hydrique accentué par le changement climatique, il s'agit de préserver la ressource en diversifiant les sources d'approvisionnement.
Mathilde Le Roux, directrice adjointe de l'agence Suez sur le bassin de Thau, précise la logique du procédé : la qualité résultante « était déjà presque propre », d'où la simplicité d'intégrer une double désinfection pour répondre aux exigences réglementaires permettant l'usage public.
- Usages ciblés : lavage des voiries, hydrocurage, travaux publics, lutte anti-incendie.
- Acteurs : station des Eaux blanches, Thau Maritima (Suez), autorisation préfectorale.
- Processus : ultrafiltration membranaire + désinfection UV + injection de chlore.
| Usage | Volume annuel autorisé |
|---|---|
| Lavage de la voirie | 10 000 m3 |
| Autres usages urbains (hydrocurage, travaux, lutte incendie) | 10 000 m3 |
Selon l'arrêté préfectoral évoqué lors de l'inauguration, la capacité d'usage autorisée s'établit à environ 10 000 m3 par an pour le lavage des voiries et un volume comparable pour d'autres usages urbains. Ce premier pas s'inscrit dans un mouvement plus large d'expérimentations dans l'Hérault visant à réintroduire des eaux traitées dans des circuits utiles localement, après des projets similaires annoncés récemment à Béziers.
Sur le plan pratique, la réutilisation permettra de limiter les prélèvements sur les ressources potables lors des interventions municipales et sur les chantiers, tout en offrant une réserve complémentaire pour la lutte contre les incendies en période de sécheresse. Les choix techniques (ultrafiltration puis double désinfection) répondent aux impératifs sanitaires et réglementaires pour des usages en espace public.
Reste à suivre la montée en régime de la filière locale : la capacité réelle de substitution aux usages actuels et les économies d'eau potable qu'elle générera dépendront de la mise en place opérationnelle des réseaux de distribution, des procédures de gestion et, plus largement, de l'acceptation par les acteurs locaux. Pour l'heure, Sète pose une pierre visible dans la stratégie d'adaptation au stress hydrique sur le bassin de Thau.
Pratique : la gestion est assurée par Thau Maritima (Suez) depuis la station des Eaux blanches. Les volumes autorisés et les usages sont fixés par arrêté préfectoral.