Une première exposition ancrée dans la mémoire guyanaise
Au centre culturel Pagaret, à Rémire‑Montjoly, l’exposition « Rêve non commandé » marque les débuts publics de la plasticienne Shiffanie Ragnauth. Ouverte au public jusqu’au 28 août, la manifestation propose une plongée dans un répertoire visuel nourri de rêves, de souvenirs personnels et de motifs puisés dans les paysages guyanais.
Les œuvres, majoritairement réalisées en techniques mixtes, mêlent reliefs, collages sur carton et peinture, faisant de la matière un élément central. Parmi les tableaux, « Cargaison de rêves » et « Alter Ego » sont évoqués comme des pièces emblématiques de l’accrochage : l’une évoque une pirogue chargée d’or, l’autre explore une intériorité plus intime et structurée.
« je puise mon inspiration dans mes rêves. Quand je me réveillais avec un souvenir, je savais déjà comment j’allais le matérialiser en tableau »
La figure du serpent revient dans plusieurs compositions et sert de symbole ambigu — à la fois danger et fascination —, selon l’artiste. Née à Cayenne, Shiffanie dessine depuis l’adolescence; son travail actuel trouve toutefois son déclencheur en 2024 : confrontée à la maladie grave d’un proche et à un séjour en Hexagone, elle a recours à la création picturale pour gérer stress et émotions.
Au‑delà de la dimension intime, l’exposition interroge la manière dont la Guyane peut servir de matrice poétique : pirogues, forêts et symboles locaux viennent structurer un récit visuel où s’entremêlent mémoire personnelle et paysages partagés.
Pratique
Informations essentielles pour les visiteurs :
- Titre : « Rêve non commandé »
- Artiste : Shiffanie Ragnauth
- Lieu : Centre Pagaret, Rémire‑Montjoly
- Jusqu’au : 28 août
| Œuvre | Thème / remarque |
|---|---|
| Cargaison de rêves | Pirogue chargée d’or, rêverie guyanaise |
| Alter Ego | Portrait intime, dualité et structure |
Pour les habitants éloignés des centres urbains, cette exposition est une occasion de découvrir une création récente qui parle de la Guyane autrement — non comme simple décor, mais comme matériau sensible. Le parcours invite à prendre le temps d’observer la matière et les textures, et rappelle que la scène artistique locale nourrit des voix nouvelles, façonnées par des expériences personnelles et des trajets entre territoire et Hexagone.