Des tests mettent au jour des traitements différenciés sur le littoral et en sortie nocturne
Une campagne de testing réalisée ce week-end par des militants de SOS Racisme révèle des pratiques discriminatoires sur des plages privées et dans une discothèque du Sud de la France, notamment autour de Montpellier et de La Grande-Motte. L’association entend alerter les autorités locales et demande des mesures de sensibilisation et de rappel à la loi auprès des professionnels concernés.
Les testeurs, accompagnés par un journaliste du Parisien, ont comparé l’accueil réservé à des groupes perçus différemment selon leur origine. SOS Racisme rapporte plusieurs situations où des personnes « perçues comme blanches » ont bénéficié d’un accès ou d’un emplacement refusé aux groupes « perçus comme noirs » ou « perçus comme arabes », ou se sont vu proposer des conditions tarifaires nettement plus élevées.
« C'est quoi une discrimination? C'est quand on dit aux personnes perçues comme blanches qu'elles peuvent entrer mais qu'on dit aux groupes composés de personnes perçues comme noires et arabes que c'est complet ou que c'est réservé aux habitués », a résumé Dominique Sopo, président de l'association.
Concrètement, SOS Racisme indique avoir testé 23 plages privées dans le Sud : 7 autour de Montpellier, Palavas-les-Flots et La Grande-Motte, 5 à Marseille et 11 dans les Alpes-Maritimes (Nice et Antibes). Parmi les faits signalés, l’association cite un cas où, sur une plage de La Grande-Motte, un groupe perçu comme arabe s’est vu proposer des transats en retrait tandis que d’autres groupes obtenaient des placements au premier rang. En outre, dans une discothèque de Montpellier, un groupe perçu comme noir se serait vu refuser l’entrée pour « cause de complet », alors que d’autres groupes arrivés ensuite ont été admis.
| Zone | Plages testées |
|---|---|
| Montpellier / Palavas / La Grande-Motte | 7 |
| Marseille | 5 |
| Nice / Antibes | 11 |
SOS Racisme rappelle que ces agissements sont interdits par la loi et qu’ils contreviennent au principe d’égalité. L’association demande la convocation, par les préfectures et les collectivités locales, des professionnels du littoral et de la nuit afin de leur rappeler leurs obligations légales. Elle réclame aussi le développement d’actions de sensibilisation à destination des établissements accueillant du public.
Pour les usagers, ces révélations soulèvent des questions de confiance envers des lieux souvent perçus comme ouverts et récréatifs. Les collectivités locales et la préfecture de l’Hérault n’avaient pas encore, à notre connaissance, communiqué de réponse publique au moment du reportage. La démarche de SOS Racisme pourrait toutefois provoquer des contrôles ciblés et des rappels à la réglementation dans les semaines à venir.
- Ce qui est reproché : refus d'accès, emplacement différencié, conditions tarifaires exigées pour l'entrée.
- Zones concernées : plusieurs plages du littoral héraultais et une discothèque à Montpellier.
- Suite demandée : convocation des professionnels par les préfectures et actions de sensibilisation.
La mobilisation de SOS Racisme s'inscrit dans un contexte plus large de testing menés dans le pays cet été. Les usagers et professionnels du littoral sont invités à rester vigilants et à signaler tout comportement discriminatoire aux associations et aux services compétents.