La transhumance, fil de paysage et de mémoire
Chaque année, à l’approche des beaux jours, la transhumance marque encore la vie de nos vallées : des troupeaux quittent les plaines pour gagner les alpages. Longtemps effectuée à pied, cette migration saisonnière a laissé un réseau de drailles et de sentiers qui structurent encore les paysages et les pratiques pastorales des Alpes-de-Haute-Provence.
Si, au XXe siècle, le transport motorisé a remplacé nombre de marches, la lecture et la marche retrouvent un dialogue. La création du GR®69 La Routo®, tracé entre Arles et Borgo San Dalmazzo, contribue à replacer ces itinéraires dans l’espace contemporain et à faire connaître une histoire souvent invisible.
Des auteurs marchent avec les troupeaux
Quatre ouvrages récents ou déjà référents proposent des approches variées : récit de marche, évocation poétique, carnet de bord. Ils mêlent géographie, histoire pastorale et rencontres avec des bergers, et offrent autant de façons de se rapprocher d’une pratique qui façonne les milieux ruraux.
- Hautes solitudes. Sur les traces des transhumants d’Anne Vallaeys : un récit de marche qui traverse canyons et vallées, entre observation et mémoire (Éditions de La Table Ronde, 2017, 256 pages).
- Parcours poétiques du Berger Albert d’Hubert Blond : une évocation sensible de la vie pastorale et des chemins parcourus au rythme des troupeaux (L'Édition à façon, 2012).
- Ma transhumance. Carnets de routo d’Antoine de Baecque : immersion auprès des troupeaux pendant plusieurs mois, récit de la marche et de la vie collective sur les routes pastorales.
| Ouvrage | Auteur | Éditeur / Année | Pages (si connues) |
|---|---|---|---|
| Hautes solitudes. Sur les traces des transhumants | Anne Vallaeys | Éditions de La Table Ronde, 2017 | 256 |
| Parcours poétiques du Berger Albert | Hubert Blond | L'Édition à façon, 2012 | |
| Ma transhumance. Carnets de routo | Antoine de Baecque |
Pourquoi ces récits nous concernent
Ces livres ne sont pas de simples guides : ils restituent une pratique sociale et écologique. À travers descriptions de paysages, dialogues avec des bergers et souvenirs de terrain, ils montrent comment la transhumance a modelé la flore, les systèmes d’usage des terres et des savoir-faire locaux. Pour les habitants, c’est une mémoire vivante ; pour les randonneurs, une invitation à emprunter des itinéraires chargés d’histoire.
Sur le terrain, certaines drailles sont désormais valorisées pour la randonnée, d’autres subsistent dans l’usage pastoral traditionnel. Le GR®69, en reliant Provence et Piémont, illustre cette double dynamique : conservation des trajets historiques et nouvelle fréquentation touristique.
Pratique : où se renseigner
Pour qui souhaite partir sur les traces évoquées dans ces livres : offices de tourisme locaux, associations de bergerie et topo-guides du GR®69 sont des points d’entrée utiles. Ils renseignent sur l’accès aux sentiers, les périodes de transhumance et les précautions à prendre lors de rencontres avec le bétail.
La transhumance reste une fenêtre ouverte sur l’histoire vivante de nos montagnes : la lire, la marcher, c’est aussi entendre des voix qui racontent la relation ancienne et sensible entre l’homme, l’animal et le paysage.