Une mobilisation inédite d'élus essonniens
À l'initiative de Jean-Jacques Grousseau, le maire d'Athis-Mons, plus de 100 maires de l'Essonne ont signé le 15 juillet un courrier adressé au préfet de la région Île-de-France pour demander que l'État apporte des compensations financières aux riverains exposés aux nuisances liées aux travaux de la piste 4 de l'aéroport d'Orly.
Ces travaux, préparés depuis une phase de test démarrée le 11 juin, vont conduire à une fermeture totale de la piste 4 du 10 août au 17 décembre 2026. Pendant cette période, la piste 2, d'ordinaire réservée comme piste de secours, sera utilisée en continu, entraînant une hausse sensible du trafic aérien au-dessus du nord de l'Essonne.
Quelle ampleur des nuisances ?
Les élus signataires évoquent « des centaines de milliers d'habitants » directement exposés. Selon le courrier, la piste 2 pourrait supporter un trafic atteignant jusqu'à 30 décollages ou atterrissages par heure, entre 6 h et 23 h 30. Pour les communes concernées, l'impact est à la fois quotidien et plurime : bruit continu, perturbation du sommeil et des activités, conséquences pour la santé et l'attractivité des quartiers.
- Période : 10 août – 17 décembre 2026
- Phase de test : débutée le 11 juin 2026
- Trafic estimé : jusqu'à 30 mouvements/heure entre 6 h et 23 h 30
- Initiative : courrier signé par >100 maires adressé au préfet
Le plan de gêne sonore remis en cause
Les maires demandent une révision du plan de gêne sonore (PGS), document qui délimite les périmètres éligibles aux aides à l'insonorisation. Leur argument : le périmètre actuel ne rendrait pas compte de la réalité des nuisances provoquées par le basculement durable du trafic sur la piste 2. En clair, des secteurs qui n'entrent pas aujourd'hui dans le PGS pourraient subir des nuisances élevées pendant plus de quatre mois sans droit à compensation.
| Élément | Donnée |
|---|---|
| Durée des travaux | 10/08/2026 – 17/12/2026 |
| Heures d'activité | 6 h – 23 h 30 |
| Mouvements maximum | ~30 / heure |
Conséquences et demandes concrètes
Outre la révision du périmètre du PGS, les élus réclament que l'État engage des mesures financières pour compenser la hausse des nuisances : aides à l'insonorisation des logements, information renforcée des riverains et, éventuellement, mesures temporaires d'accompagnement économique pour les commerces et établissements sensibles au bruit.
Du côté des habitants, l'enjeu est double : il s'agit de préserver la santé publique — en particulier le repos nocturne — et d'éviter une dégradation durable des conditions de vie dans des communes déjà souvent proches de la saturation sonore. Les demandes des maires vont désormais passer par l'administration préfectorale, qui doit étudier la sollicitation et décider d'éventuelles adaptations du dispositif, voire d'un plan d'accompagnement.
Ce qui suit
Les travaux débutent dans quelques semaines. Les Essonniens concernés attendent désormais des signaux clairs de l'État sur l'existence de mesures compensatoires et sur la manière dont le PGS pourrait être adapté à la situation exceptionnelle créée par l'utilisation prolongée de la piste de secours.