Former la relève dans les ateliers plutôt que de la chercher à l'extérieur
À l'heure où la transmission des PME inquiète — près de 370 000 sociétés doivent trouver un repreneur d'ici 2030 selon les chiffres cités —, le groupe industriel Galilé a choisi une stratégie offensive : créer et animer sa propre école pour former ses futurs dirigeants. Lancée officiellement les 24 et 25 septembre à Chalon-sur-Saône, cette initiative vise à internaliser la montée en compétence et à préparer la reprise au sein du groupe.
Le groupe, qui a porté son périmètre de 27 à 37 PME en trois ans et affiche 1 100 salariés pour 250 millions d'euros de chiffre d'affaires, a baptisé ce dispositif les « Hussards bleus du made in France ». Dix profils issus des filiales – ateliers, bureaux et équipes commerciales – ont été retenus pour cette deuxième promotion. Leur parcours durera dix-sept mois et s'achèvera en novembre 2027.
« L'avenir industriel du pays se joue dans les PME des territoires. Former ses propres dirigeants est d'abord un choix d'entrepreneur : préparer la relève plutôt que l'attendre »,
c'est en ces termes qu'Eric Michoux, président du groupe, justifie la démarche. Le cursus, co-conçu avec l'école d'ingénieurs Centrale Lyon, mêle enseignement académique et immersion opérationnelle : les promotions alternent modules théoriques et expériences de terrain, avec des blocs consacrés à la gouvernance, la cybersécurité, l'intelligence artificielle ou la prise de parole — y compris des ateliers avec le Cours Florent.
Concrètement, le principe retenu est simple et pragmatique : un mois pour comprendre, un mois pour expérimenter. L'objectif déclaré est double : doter les futurs cadres de compétences stratégiques et retenir ces talents au sein du groupe, qui entend leur confier ensuite des responsabilités managériales et opérationnelles. La promotion précédente, 2024-2025, a servi de test à ce modèle.
Pour nos territoires industriels — et la Loire ne fait pas exception — ce type d'initiative pose des réponses locales à deux enjeux majeurs : la difficulté à trouver des repreneurs et la nécessité de professionnaliser la direction des petites et moyennes usines. En identifiant les profils en interne, Galilé mise sur la connaissance des terrains et la continuité des savoir-faire, plutôt que sur des recrutements externes longtemps coûteux et incertains.
- Durée : 17 mois (formation co-conçue avec Centrale Lyon)
- Promotion : 10 salariés sélectionnés au titre 2026-2027
- Objectif : préparer la relève et offrir des postes de direction au sein du groupe
| Chiffres clés | Valeur |
|---|---|
| PME dans le groupe | 37 |
| Salariés | 1 100 |
| CA | 250 M€ |
| Entreprises à reprendre en France (estim.) | 370 000 |
Ce dispositif illustre une logique industrielle volontariste : plutôt que d'attendre que le marché trouve des repreneurs, on construit la compétence en interne, on sécurise la transmission et on préserve les emplois. Pour les PME locales et leurs salariés, c'est un signal clair : la formation ciblée et la mobilité interne peuvent devenir des leviers concrets pour maintenir l'activité et garder la maîtrise des savoir-faire régionaux.