Un vide professionnel qui pèse sur la justice et la santé
La Saône‑et‑Loire fait face à une difficulté concrète et lourde de conséquences : le manque d'experts psychiatres disponibles pour réaliser des expertises ordonnées par les juridictions. Conséquence directe selon des acteurs locaux : des procès repoussés et des détentions provisoires prolongées.
Le constat vient du terrain. À Mâcon, le Dr Gérald Alloy, pédopsychiatre de 71 ans, décrit une situation devenue « une catastrophe ». Il explique avoir renoncé à certaines expertises, faute de pouvoir cumuler plusieurs missions : expertiser tout en assurant la fonction de médecin coordinateur des obligations de soins.
« C’est une catastrophe. »
Le praticien souligne un déséquilibre générationnel : les psychiatres les plus expérimentés travaillent à temps complet, tandis que les plus jeunes choisissent des temps partiels. Ce schéma laisse des services sous‑dotés et fragilise la capacité locale à répondre aux demandes judiciaires.
Impacts concrets et points de tension
- Reports d'audiences près de la Cour d'appel de Dijon lorsque les expertises psychiatriques manquent.
- Prolongations de détentions provisoires en l'absence d'évaluations psychiatriques indispensables à certaines décisions judiciaires.
- Un recours limité aux jeunes praticiens, souvent à temps partiel, qui n'absorbe pas la charge de travail.
Le Dr Alloy indique aussi que certains confrères retraités ont choisi de continuer l'activité pour « transmettre » et maintenir un service. Mais ce recours partiel ne suffit pas à combler le manque structurel.
Questions ouvertes pour les territoires voisins
Au‑delà de Mâcon, cette situation interroge l'organisation des expertises médicales dans l'ensemble des juridictions voisines et pose la question d'une meilleure articulation entre hôpital, psychiatrie de secteur et demande judiciaire. Les tensions sur les ressources humaines hospitalières et la répartition des temps de travail chez les jeunes praticiens semblent au cœur du problème.
| Élément | Constat |
|---|---|
| Âge d'un intervenant clé | 71 ans (Dr Gérald Alloy) |
| Nombre dans le service évoqué | Trois psychiatres |
Sur le terrain, magistrats et professionnels de santé devront trouver, rapidement, des solutions partagées pour éviter que les justiciables ne paient le prix de la pénurie. À défaut, les retards de procédure et les détentions prolongées continueront d'alimenter la colère et l'inquiétude des familles concernées.