Une enquête menée patiemment par des collégiens
Au collège de La Hague, un petit groupe d’élèves a consacré trois années à une recherche exigeante : retrouver des traces de Freida et Avram Leibovici, un couple déporté à Auschwitz dans le cadre du convoi n°77. Encadrés par leur professeure d’histoire-géographie Cécilia Varin, ces collégiens ont compilé des indices, croisé des sources et reconstitué un parcours interrompu par la Shoah. Parmi eux, Cassandre Yvetot a pris part à ce travail minutieux qui a progressivement fait surgir des visages et des liens familiaux.
La rencontre du 18 juin 2026
Le 18 juin 2026 a marqué l’aboutissement d’un long effort : les élèves ont présenté le résultat de leurs recherches à des membres de la famille Leibovici, identifiés au terme de cette enquête. Cette étape, rare et précieuse dans un projet scolaire, a permis de relier une étude historique à des personnes bien réelles, héritières d’une mémoire qui se transmet désormais de part et d’autre. L’émotion a traversé la salle au moment d’exposer les documents et les pistes explorées par ces adolescents.
« Ils étaient très émus »
Ces quelques mots, prononcés pour décrire la rencontre, disent l’intensité d’un échange où se mêlent reconnaissance et pudeur. Les élèves ont mesuré ce que représente, pour des descendants, le geste de rassembler des fragments d’histoire familiale éparpillés. Et les invités ont découvert, dans le regard de ces jeunes, la force d’une mémoire vivante, attentive aux détails et respectueuse des silences.
Un travail au long cours
Le projet n’a pas surgi de nulle part. Depuis trois ans, l’équipe pédagogique et les collégiens de La Hague ont avancé pas à pas, en s’appuyant sur des archives et des éléments disponibles autour du convoi n°77. L’an dernier, en 2025, un premier descendant avait fait le déplacement pour découvrir une exposition préparée par les élèves. Cette année, l’écho s’est amplifié : quatre descendants de Freida et Avram Leibovici ont répondu présent pour écouter, questionner et partager leurs propres souvenirs.
La force d’un dialogue intergénérationnel
Dans une commune où le quotidien va bon train, l’expérience a rappelé que les grandes tragédies de l’histoire trouvent souvent leur portée dans des récits personnels. Aux côtés de Cécilia Varin, les jeunes enquêteurs ont appris à manier prudence et vérification, à accepter les blancs de la documentation et à valoriser chaque trace, même minime. Ce qui, dans une salle de classe, peut sembler théorique, a pris ici une dimension humaine qui ancre l’histoire dans le présent.
Ce que la mémoire change au collège
Au-delà de l’instant partagé, cette démarche a transformé la manière dont les élèves envisagent la recherche : interroger des sources, confronter des versions, avancer sans certitudes absolues. Elle a aussi ouvert un espace de conversation pour les familles et les enseignants, autour de la responsabilité que représente la transmission d’un passé qui continue d’interroger notre époque.
Repères
| Étape | Date | Ce qui s’est passé |
|---|---|---|
| Premiers travaux | Sur 3 ans | Lancement de l’enquête au collège de La Hague sur le convoi n°77 |
| Exposition | 2025 | Un descendant se déplace pour découvrir le travail des élèves |
| Présentation | 18 juin 2026 | Rencontre et restitution devant quatre descendants de Freida et Avram Leibovici |
Et maintenant ?
La rencontre a refermé une étape importante, sans épuiser le sujet. Les élèves savent que d’autres pièces du puzzle peuvent encore apparaître. Ce projet a déjà montré qu’un travail rigoureux, mené localement, peut rouvrir des cheminements de mémoire, apporter une clarté nouvelle et créer des liens inattendus entre des habitants de la Manche et des familles marquées par la déportation.
- Une enquête scolaire ancrée à La Hague sur le convoi n°77.
- Des résultats partagés le 18 juin 2026 avec les descendants de Freida et Avram Leibovici.
- Un projet porté dans la durée par la professeure Cécilia Varin et ses élèves.