Un virage industriel au cœur de la vallée du Rhône
À Livron-sur-Drôme, le spécialiste des pièces auto et moto de seconde main GPA franchit un cap : l’entreprise a développé un procédé opérationnel pour extraire, contrôler et remettre en circulation des batteries de véhicules électriques présentant encore un potentiel d’usage. L’objectif est clair : privilégier le réemploi lorsque c’est possible, et reléguer le recyclage des matières au second plan quand la batterie peut poursuivre sa vie.
Du recyclage des matières au diagnostic de seconde vie
Cette orientation ne s’est pas faite en un jour. Après la période Covid, GPA a engagé plusieurs années de travaux pour fiabiliser un process complet : démontage sécurisé, contrôle, diagnostic et garantie des batteries conservant une capacité suffisante. Le dirigeant résume l’évolution de cap dans un contexte de marché encore jeune.
« Jusque-là, nous nous étions concentrés sur la valorisation des matières contenues dans les batteries, notamment les terres rares. Mais ce marché n'est pas mature et il n'est pas encore rentable »
Avec cette nouvelle brique industrielle, GPA entend créer un relais de croissance et contribuer à prolonger la durée de vie des véhicules électriques circulant en France, tout en limitant la pression sur l’extraction de ressources critiques.
Des retombées locales attendues
Au-delà de la performance technique, l’enjeu se lit aussi à l’échelle du tissu économique drômois. À Livron-sur-Drôme, l’activité de GPA irrigue un réseau de garages, recycleurs et logisticiens. La capacité à proposer des batteries de réemploi diagnostiquées et garanties peut soutenir l’offre de réparation, retenir de la valeur sur le territoire et répondre à la hausse progressive du parc électrique sans recourir systématiquement au neuf. Pour les particuliers comme pour les professionnels, c’est un gisement d’économies potentielles et d’économie circulaire concrète, au plus près des usages.
Cap sur une croissance mesurée
Sur l’exercice clos fin septembre, le recycleur drômois annonce un chiffre d’affaires d’au moins 120 millions d’euros, contre 95 millions l’an dernier. La part associée aux batteries de réemploi n’est pas communiquée à ce stade, signe d’une montée en puissance prudente et d’une structuration qui se poursuit. L’entreprise insiste sur l’intérêt stratégique de ce nouvel axe : créer de la valeur là où, jusqu’ici, l’équation économique du recyclage pur des matériaux, notamment des terres rares, restait fragile.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Localisation | Livron-sur-Drôme (26) |
| CA dernier exercice | ≥ 120 M€ |
| CA exercice précédent | 95 M€ |
Prolonger la vie des véhicules électriques
Le réemploi de batteries s’inscrit dans une logique de sobriété : chaque batterie conservée en usage repousse l’échéance du démantèlement orienté « matières », réduit les déchets complexes et valorise l’investissement initial du constructeur comme de l’automobiliste. Le président de GPA y voit une manière d’ancrer la transition dans le temps long, sans surpromettre :
En ajoutant une nouvelle solution à la valorisation des batteries électriques, le dirigeant espère tenir un relais de croissance et une solution pour prolonger la durée de vie des véhicules électriques.
Un signal pour la filière drômoise
Dans une Drôme où l’on observe la montée en puissance des mobilités électrifiées, la démarche portée depuis Livron-sur-Drôme envoie un message : la transition se joue aussi dans les ateliers, par l’intelligence des procédés et le soin apporté à la seconde vie des composants. Elle appelle des compétences techniques pointues, de la sécurité et des diagnostics fiables—autant d’éléments qui se construisent patiemment, au service des usagers et du territoire.
- Réemploi priorisé quand la batterie est jugée apte, recyclage réservé aux cas limites.
- Procédé interne : démontage, contrôle, diagnostic et garantie des unités conservées.
- Perspectives locales : valeur ajoutée maintenue sur le territoire et soutien à l’offre de réparation.