Un sentiment d’oubli alors que la chaleur n’a pas cessé
Dans les rues chauffées de la métropole, le discours sonne comme une mise en garde : depuis près de deux mois, le Sud‑Est subit une chaleur qui ne faiblit pas et, selon Paul Marquis, météorologue indépendant et fondateur de La Météo du 13, cela passe trop souvent inaperçu au niveau national. Le constat part d’un récit personnel autant qu’il exprime l’angoisse d’habitants qui s’estiment « invisibilisés ».
« Ici, la canicule se poursuit dans l’indifférence générale »,
Le météorologue pointe la déconnexion entre l’expérience quotidienne des riverains et la couverture médiatique. Là où certains territoires ont connu un répit, les Bouches‑du‑Rhône, et plus largement la région Provence‑Alpes‑Côte d’Azur, n’ont quasiment jamais vu la chaleur véritablement retomber.
Des températures historiques et des conséquences locales
Les chiffres cités renforcent l’alerte : le département vient d’enregistrer son juillet le plus chaud depuis plus de 120 ans de mesures. À l’aéroport de Marignane, la moyenne du mois a été de 28,1 °C et un pic à 40,5 °C a été relevé le 8 juillet à 14h11. Ces valeurs ne sont pas que des records ; elles traduisent un stress thermique prolongé pour les populations vulnérables et portent des risques sur le bâti, la qualité de vie et la consommation d’énergie.
- Santé publique : enfants, personnes âgées et malades chroniques exposés à un risque accru.
- Habitat : logements peu adaptés à la chaleur peuvent subir des dégradations et devenir insalubres.
- Environnement : incendies et sécheresse renforcés par l’absence de fraîcheur nocturne.
Un appel à plus de données et de visibilité
Paul Marquis réclame notamment la publication d’éléments épidémiologiques locaux : « pas de chiffre de l’ARS sur la surmortalité dans notre région non plus », déplore‑t‑il. L’absence, selon lui, de bilans régionaux visibles contribue au sentiment d’abandon — et empêche une réaction publique appropriée, que ce soit en matière d’information, de prévention ou d’accompagnement des publics fragiles.
Conséquences pratiques pour les Bouches‑du‑Rhône
Sur le terrain, la permanence de la chaleur se traduit par des habitudes qui changent : marchés matinaux précoces, report d’activités physiques en soirée, protection renforcée contre les UV, et une vigilance accrue sur les massifs et le littoral face au risque d’incendie. Les autorités locales maintiennent des dispositifs d’alerte et de prévention, mais l’appel à donner plus de visibilité à la situation reste vif.
| Indicateur | Valeur citée |
|---|---|
| Moyenne de juillet (Marignane) | 28,1 °C |
| Record enregistré | 40,5 °C (8 juillet) |
| Durée approximative | Près de deux mois |
La revendication de Marquis dépasse la simple critique médiatique : elle vise à obtenir des mesures concrètes et des informations accessibles pour protéger les plus fragiles et préparer la ville et le département à des épisodes extrêmes désormais plus fréquents. Pour les habitants, rester informés, réduire les efforts physiques aux heures fraîches et protéger les personnes vulnérables restent pour l’heure des gestes essentiels.