Élus et éleveurs réunis face à une année exceptionnelle
Samedi, la place de la Hourquie à Morlaàs a retrouvé son habitude biennale : un salon de l’Élevage rassemblant bêtes, éleveurs et visiteurs sous un soleil généreux. L’événement, organisé en alternance avec Saint-Palais depuis 1973, a permis de mesurer à la fois l’attachement local à la filière et l’inquiétude des professionnels face aux aléas climatiques.
La Chambre d’agriculture 64, pilotée par son président Bernard Layre, avait convié de nombreuses personnalités. Parmi elles figuraient Simon Fetet, préfet des Pyrénées-Atlantiques récemment nommé, Joël Ségot, maire de Morlaàs, Sandrine Copin-Cazalis, première adjointe, ainsi que Thierry Carrère, président de la CCNEB. La délégation a été reçue selon le protocole, puis les prises de parole ont dressé un constat sans concession sur la situation du département.
« Le département des Pyrénées-Atlantiques – terre d’élevage – subissait une année compliquée en raison des conditions météo, qualifiant la situation de pire crise connue par la région. »
Ce constat se traduit en chiffres : le manque de fourrage dépasse les 50 % et l’estimation des tonnes manquantes atteint plus de 257 000 tonnes. Pour les éleveurs, déjà fragilisés par des années de contraintes économiques, cette absence de ressources fourragères pose des choix difficiles pour l’automne et l’hiver à venir.
- 260 animaux présentés sur la place de la Hourquie.
- Présence des représentants de l’État et des collectivités locales pour témoigner du soutien institutionnel.
- Inquiétude principale : déficit de fourrage estimé à plus de 257 000 tonnes.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Année de création (salon) | 1973 |
| Animaux présentés | 260 |
| Manque de fourrage estimé | +257 000 tonnes |
| Déficit moyen | >50% |
Malgré l’alarme, Bernard Layre a tenu à rappeler la qualité des animaux et le savoir-faire des éleveurs du département : « l’excellence de la profession et de son bétail » reste visible, notamment lors des concours organisés dans le cadre du salon. Ce double constat — excellence et vulnérabilité — résume la situation que vivent de nombreuses exploitations béarnaises et basques.
Sur le plan pratique, les acteurs locaux attendent désormais des mesures concrètes : aides au stockage, facilitation des approvisionnements extérieurs, appui technique pour optimiser les ressources restantes et limiter les pertes. Les collectivités et la préfecture sont appelées à coordonner les réponses pour éviter que la pénurie de fourrage ne conduise à des cessations d’activité ou à des mises à l’abattoir anticipées.
En filigrane, le salon de Morlaàs a rappelé l’attachement des habitants aux paysages d’élevage qui façonnent le Béarn et le Pays basque intérieur. Entre les barnums, les bêtes primées et les échanges sur les parcelles, le message est clair : préserver la filière exige désormais des actions rapides et concertées, sous peine de voir s’éroder une part essentielle de l’économie rurale du département.