Une aventure industrielle et technologique qui s’arrête — pour l’instant
La société Wyve, implantée à Anglet et portée par la marque Hexa, a été placée en liquidation judiciaire le 7 septembre dernier. Fondée en 2019 par Sylvain Fleury et Léo Bouffier, l’entreprise s’était fait remarquer pour une promesse rare dans le monde du surf : fabriquer par impression 3D le cœur des planches, jusque-là constitué de mousse traditionnelle.
Les fondateurs, qui dressent le bilan sans complaisance, disent «On en ressort plutôt la tête haute en se disant qu’on a tout essayé». Cette formule, révélatrice d’un double sentiment d’échec et de fierté, résume une trajectoire où l’innovation technique s’est heurtée aux réalités du marché et de l’industrialisation.
Un produit innovant, des contrats en vue mais des équilibres fragiles
Wyve avait commencé par commercialiser des planches sous sa propre marque, lancée en 2021, puis s’est engagée dès fin 2024 dans une stratégie de fournisseur de technologie : proposer ses cœurs imprimés à d’autres fabricants, notamment dans le kitesurf et le foil. Cette diversification visait à accéder à des volumes plus importants via des marques déjà établies et leurs réseaux de distribution.
Pour autant, la bascule n’a pas eu lieu. Selon les dirigeants, des lettres d’intention prometteuses existaient, mais la conversion en contrats fermes exigeait une assise industrielle que l’entreprise n’a pas su démontrer assez rapidement. «C’est un équilibre compliqué à faire tenir entre le développement technologique, commercial et l’industrialisation», reconnaissent-ils.
- 2019 : création de Wyve (Hexa) à Anglet.
- 2021 : lancement commercial de la marque Wyve.
- Fin 2024 : virage vers la fourniture de technologie pour kite et foil.
- 7 septembre : placement en liquidation judiciaire.
« On en ressort plutôt la tête haute en se disant qu’on a tout essayé. »
Un savoir-faire local à préserver
La disparition d’une jeune pousse innovante interroge la filière nautique locale, où Anglet et la côte basque jouent un rôle central. Au-delà des bilans comptables, c’est un savoir-faire en impression 3D appliquée aux composites qui est aujourd’hui à vendre ou à reprendre. Les fondateurs espèrent que la technologie, fruit de plusieurs années de recherche et développement, suscitera des repreneurs capables d’industrialiser le procédé.
Pour les acteurs locaux — fabricants de planches, écoles, fournisseurs de matériaux —, la question est double : comment intégrer cette innovation dans des chaînes de production durables, et comment sécuriser des emplois et compétences techniques qui risquent d’être dispersés si la liquidation conduit à une dispersion des brevets et du matériel ?
| Élément | Date / Statut |
|---|---|
| Création | 2019 |
| Lancement marque Wyve | 2021 |
| Diversification vers fournisseurs | Fin 2024 |
| Liquidation judiciaire | 7 septembre (2026) |
La dynamique économique et industrielle du Pays basque et du Béarn, attachée à l’économie de la glisse, gagne à conserver les initiatives locales qui mêlent innovation et ancrage. Dans l’immédiat, l’avenir de Wyve dépendra d’éventuelles offres de reprise et de la capacité d’un repreneur à transformer une innovation prometteuse en production stable et compétitive.
Les opérateurs locaux et les collectivités suivront de près les procédures, conscients que sauvegarder la technologie pourrait profiter à l’écosystème régional du surf et des sports nautiques.