Un équipement symbole qui perd de sa superbe
Inaugurée fin 2019 puis mise en lumière début 2020, la flotte à hydrogène de Pau, connue sous le nom de Fébus, figurait parmi les projets emblématiques de la transition énergétique locale. Mais la promesse d'une mobilité propre se heurte aujourd'hui à des réalités techniques et financières qui contraignent l'autorité organisatrice des transports à revoir ses choix.
Le syndicat Pau Béarn Pyrénées Mobilités a annoncé l'abandon progressif de l'hydrogène au profit de bus électriques et hybrides. Cette décision fait suite à plusieurs difficultés cumulées : des coûts d'installation élevés, des pannes récurrentes sur la station de production d'hydrogène et des problèmes d'approvisionnement en pièces dus au défaillance du constructeur.
Coûts, pannes et maintenance : l'accumulation des handicaps
À l'origine, le projet avait représenté un investissement massif pour l'agglomération : selon les chiffres disponibles, 70 millions d'euros avaient été consacrés à l'ensemble de la ligne, dont 15 millions d'euros de subventions. Mais les dépenses de maintien en condition opérationnelle et les problèmes de fiabilité ont rapidement assombri le bilan.
- Station d'hydrogène : fonctionnement erratique, enchaînement de pannes.
- Maintenance : le prestataire a dénoncé son contrat, évoquant un surcoût de trois à quatre fois pour continuer.
- Flotte : sur huit bus, deux sont déjà hors service, l'un d'eux destiné à servir de donneur d'organes.
À cela s'ajoute une pratique ponctuelle consistant à acheminer l'hydrogène par camions lorsque la production locale fait défaut, ce qui réduit l'intérêt climatique initialement avancé pour la filière.
Ce que dit la direction des transports
Arnaud Jacottin, président du syndicat de transports, justifie la bascule par la nécessité d'anticiper pour éviter de se retrouver « avec des bus à l'arrêt ». Il a précisé qu'une réunion se tiendrait à la rentrée pour présenter le détail des chiffres et expliquer la stratégie à venir.
« Tout sera expliqué, avec le détail des chiffres. »
Conséquences locales et perspectives
Le choix d'abandonner l'hydrogène pose plusieurs questions pour l'agglomération paloise : quelle trajectoire de remplacement adoptée, quel calendrier pour déployer des bus électriques ou hybrides, et quel coût supplémentaire pour la collectivité ? Les usagers et les acteurs locaux attendent des réponses précises lors du prochain comité de pilotage.
Au-delà de Pau, ce cas illustre les difficultés qu'affrontent certaines innovations dans le secteur des transports : les promesses technologiques se confrontent aux réalités industrielles, à la chaîne d'approvisionnement et aux coûts de maintenance. Pour les collectivités béarnaises et basques, la leçon sera suivie de près par celles qui considèrent l'hydrogène comme une option pour décarboner leurs réseaux.
Infos pratiques
- Renseignements sur les lignes et horaires : Pau Béarn Pyrénées Mobilités.
- Prochaine réunion publique annoncée à la rentrée pour détailler les chiffres et le plan de transition.