Un rendez-vous Mimos attendu à la médiathèque
Au cœur de Périgueux, la médiathèque Pierre-Fanlac s’apprête à accueillir, le samedi 4 juillet, deux représentations d’« Après le bip sonore », la création de la Belgo-Suisse Elsa Couvreur. Jouée à 11 h puis 16 h, cette pièce d’environ une heure propose une traversée entre mime et danse sur un sujet que chacun a déjà éprouvé : l’attente interminable face à un répondeur téléphonique robotisé.
Un parcours international, une escale périgourdine
Créée en 2018, la pièce a déjà circulé en France, en Italie, en Australie et en Suisse. Sa venue à Périgueux s’inscrit dans la dynamique de Mimos, qui met en lumière chaque été les écritures du geste. Ici, la chorégraphe choisit le corps pour parler d’un quotidien numérisé, en préférant la précision du mouvement à la surenchère d’effets. Cette économie de moyens sert un thème universel, familier aux oreilles comme aux nerfs.
La mécanique d’un appel qui déraille
Le fil dramatique tient à peu de chose : un appel « important », sans que la raison soit explicitée. La créatrice laisse volontairement cette motivation dans le flou, pour que chacun projette sa propre expérience. Face à la voix qui oriente, corrige, exige, le personnage se plie à des demandes tour à tour absurdes et intrusives. Le burlesque affleure, mais avec une pointe acide : ce qui paraît léger interroge l’acceptation par petites touches d’une perte de contrôle.
« C’est volontairement laissé flou. Ce pourrait être motivé par une demande de visa, une audition… Tout au long, la voix demande à mon personnage d’accomplir des tâches absurdes et invasives »
Le propos résonne d’autant plus que la relation avec la technologie s’est durcie ces dernières années. L’artiste confie avoir écrit avant la crise sanitaire ; pourtant, le ressenti demeure actuel, voire accentué, tant la frustration de ne pas obtenir une voix humaine est devenue monnaie courante.
Le geste pour redonner de l’humain
Ancienne élève de l’École royale de ballet d’Anvers, Elsa Couvreur revendique un langage hybride, au croisement du mime et de la danse. Le choix n’est pas seulement esthétique : il explore la façon dont la présence physique résiste à l’emprise du numérique. Sans dialogues superflus, le mouvement porte les tensions : crispations du corps au bout du fil, élans contrariés, soupirs qui deviennent rythmes. Le public rit, réfléchit, se reconnaît. La salle devient un petit laboratoire de nos comportements quotidiens.
Une œuvre portée par un collectif
Co-fondatrice, avec Iona d’Annunzio, du collectif Woman’s Move, la chorégraphe continue de creuser un sillon où le jeu, la philosophie et la virtuosité gestuelle se répondent. À Périgueux, « Après le bip sonore » arrive avec cette réputation d’œuvre accessible et stimulante, forte de ses tournées multiples.
Repères pratiques
Pour celles et ceux qui planifient leur parcours Mimos, voici l’essentiel à retenir.
| Lieu | Date | Horaires | Durée |
|---|---|---|---|
| Médiathèque Pierre-Fanlac (Périgueux) | Samedi 4 juillet | 11 h et 16 h | Environ 1 h |
- Pièce sans paroles superflues, accessible à un large public.
- Thèmes abordés : attente téléphonique, automatisation, place du corps face aux robots.
- Création lancée en 2018, déjà vue en France, Italie, Australie et Suisse.
Au milieu de l’effervescence de Mimos, ce tête-à-tête avec une voix automatique promet une parenthèse vive et salutaire : une heure pour mesurer, avec humour, combien le geste peut redonner souffle à nos dialogues les plus mécaniques.