Incident à Bezannes : deux blessés après qu’un dirigeant a pris le volant d’un autocar
Les accès à un dépôt de véhicules installé à Bezannes, au sud de Reims, ont donné lieu mardi matin à une scène d’une rare violence. Vers 10h20, un dirigeant de groupe de transport, identifié comme Laurent Dewitte, a pris le volant d’un autocar alors qu’un piquet de grève se tenait à l’entrée du site. Deux salariés ont été blessés et admis au CHU de Reims en « urgence relative », selon les informations disponibles.
La mobilisation avait débuté la veille, à l’initiative du syndicat CFDT Transport de la Marne, et réunissait une vingtaine de personnes. Parmi leurs revendications figuraient le refus d’installer des caméras à bord des véhicules et la demande de primes.
- Le piquet rassemblait environ 25 salariés au moment des faits.
- Le chef d’entreprise est arrivé accompagné de deux personnes récemment recrutées.
- Après un accrochage avec les grévistes, il a conduit le bus qui a heurté au moins un salarié.
Une vidéo, filmée par un gréviste, montre le véhicule avancer, freiner brutalement puis repartir. L’une des victimes, un salarié de l’entreprise Capitale Champagne âgé de 45 ans, est percutée et se retrouve au sol. Deux autres personnes, une ambulancière de 24 ans et un chauffeur de bus de 48 ans, ont été transportées au CHU de Reims. Les trois victimes, leurs fonctions et âges sont résumés ci‑dessous :
| Victime | Fonction | Âge |
|---|---|---|
| 1 | Ambulancière | 24 |
| 2 | Chauffeur de bus | 48 |
| 3 | Salarié de Capitale Champagne | 45 |
« Je n’ai jamais vu une violence comme ça sur un piquet de grève »,
témoigne Jean‑Marie Hommet, secrétaire général de la CFDT Transport de la Marne, qui suit le dossier. Selon des témoins, le dirigeant est descendu du bus après l’impact et s’est adressé au salarié allongé, laissant entendre une mise en garde contre le blocage de son entreprise.
Sur le plan judiciaire, l’acte relève de faits graves : la situation a été qualifiée dans les premières constations comme des « violences avec armes sans incapacité » en raison de l’usage d’un véhicule comme menace et outil d’impact. Les autorités doivent désormais déterminer les responsabilités et l’éventuelle mise en examen.
Sur le plan social, l’incident risque d’envenimer les relations entre la direction et le personnel des sociétés de transport de l’agglomération rémoise. Les revendications initiales — caméras embarquées et primes — restaient au cœur du conflit au moment des faits. Syndicats et salariés pourraient durcir leur mobilisation si la dimension pénale et disciplinaire du dossier n’évolue pas rapidement.
La préfecture et les forces de l’ordre, saisies, n’ont pas encore livré de communiqué officiel détaillant la suite des investigations. Pour la population et les usagers du transport dans l’agglomération, cet épisode soulève des questions sur la sécurité des piquets, la gestion des conflits sociaux et le recours à la violence dans un contexte professionnel.
La suite des enquêtes judiciaires et administratives sera à suivre de près à Reims, où la tension entre employeurs et salariés dans certains secteurs de services ne cesse de poser des défis à l’ordre public local.