Un nouvel outil industriel au cœur de la vallée
Sur le site industriel de Romans, Framatome a mis en service un centre de fabrication additive, équipement majeur pour le groupe et pour l'écosystème industriel régional. L'investissement s'élève à 25 M€ et le bâtiment porte le nom de l'amiral Bernard‑Antoine Morio de l'Isle, en hommage à sa trajectoire entre Marine nationale et industrie.
Opérationnel depuis quelques semaines, ce centre a été construit en un chantier mené sur une dizaine de mois. Il vient s'intégrer dans un ensemble industriel qui, au plan national, se décline par des chiffres déjà fournis par le groupe : 22 000 salariés répartis sur 70 implantations et un chiffre d'affaires de 5,39 milliards d'euros en 2025, en progression de +15,5% par rapport à 2024.
« Grâce à la fabrication additive, nous contribuons à renforcer la souveraineté de l'outil industriel de Framatome, à consolider la compétitivité des filières stratégiques et à sécuriser des chaînes d’approvisionnement essentielles », a déclaré Grégoire Ponchon, CEO de Framatome.
Le nouvel atelier est présenté comme une pièce maîtresse de la stratégie du groupe pour accompagner les projets nucléaires tout en répondant aussi aux besoins de la défense et de l'aéronautique. La fabrication additive — impression 3D métal et procédés apparentés — permet, selon l'entreprise, de produire des pièces complexes, de réduire les délais et de limiter la dépendance vis‑à‑vis de fournisseurs lointains.
- Investissement : 25 M€
- Objectifs : souveraineté industrielle, sécurisation des approvisionnements, soutien à l'innovation
- Domaines visés : nucléaire, défense, aéronautique
Pour les territoires voisins, dont l'Ardèche, l'implantation est à suivre attentivement : elle peut générer des contrats pour la sous‑traitance locale, stimuler la filière mécanique et entraîner des besoins en compétences spécifiques. Le site de Romans, ancien lieu de la Foire du Dauphiné, retrouve ainsi une fonction industrielle stratégique.
La gouvernance du groupe est rappelée : Framatome est majoritairement détenue par EDF (80,5%) et par Mitsubishi Heavy Industries (19,5%). Le choix d'implanter un tel centre à Romans illustre la volonté de maintenir et de développer des capacités industrielles en France, notamment pour des chaînes d'approvisionnement jugées critiques.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Investissement à Romans | 25 M€ |
| Salariés Framatome (2025) | 22 000 |
| Implantations | 70 |
| Chiffre d'affaires (2025) | 5,39 Mds € |
À l'échelle locale, les prochains mois permettront de mesurer les retombées concrètes : recrutement, marchés pour les ateliers de mécanique, ingénierie et maintenance, mais aussi collaborations avec des centres de formation et des instituts techniques. Pour un territoire où l'industrie lourde a parfois laissé place à des spécialisations plus dispersées, la montée en puissance de la fabrication additive peut constituer un levier de renaissance pour des savoir‑faire régionaux.
Dans les prochaines étapes, la direction du centre doit préciser les capacités de production, les profils recherchés et les partenariats envisagés avec les acteurs locaux. Pour les entreprises ardéchoises qui interviennent sur les chaînes de valeur industrielles, cette implantation représente une opportunité à saisir, notamment dans la fourniture de pièces, l'outillage et les prestations de maintenance.
Le nom donné au centre rappelle enfin la porosité entre service public et industrie en France : un parcours de carrière militaire qui se prolonge dans un rôle de conseil et de mémoire, au service d'un outil industriel désormais opérationnel dans la vallée du Rhône.