Politique Sorges-et-Ligueux-en-Périgord Dordogne (24)

À Sorges-et-Ligueux, Marine Tondelier met l’isolement rural au cœur de sa campagne

De passage à Ligueux, la dirigeante des Écologistes a ouvert son tour de France par un échange sur l’isolement et les mobilités en pleine canicule, plaidant pour un plan de sauvegarde des cafés ruraux.

À Sorges-et-Ligueux, Marine Tondelier met l’isolement rural au cœur de sa campagne
©Illustration IA Capucine Tandian / inforadar.fr

Une entrée en campagne au plus près du terrain

Première halte en Dordogne pour Marine Tondelier. La dirigeante des Écologistes a choisi le café associatif « Chez Simone », à Ligueux, commune rattachée à Sorges‑et‑Ligueux‑en‑Périgord, pour amorcer un tour de France annoncé comme « à l’aventure ». Devant un public d’un peu plus d’une trentaine de personnes — habitants et sympathisants — dans ce village d’environ 250 âmes, la discussion s’est immédiatement concentrée sur un thème qu’elle entend porter nationalement : l’isolement en milieu rural, aggravé par la canicule qui ouvre l’été.

Mobilités déficientes et isolement social, un tandem tenace

Le constat partagé par les riverains est connu : ici, pas de commerce, et le bourg se situe à près de 20 km de Périgueux. Les transports collectifs se font rares ; les cars sont absents et les liaisons ferroviaires voisines sont jugées aléatoires. À cette distance physique s’ajoute, ont rappelé les intervenants, une barrière plus intime : le repli. Claude Fosse, présidente de l’association Langage pluriel qui anime le lieu, pointe le poids de la pauvreté et de la gêne qui empêchent parfois de demander de l’aide.

« La solitude et l’isolement sont un problème sociétal et de santé publique. »

Marine Tondelier a rappelé qu’un Français sur quatre se dit touché, citant une mise en garde de l’OMS assimilant les effets de l’isolement à ceux d’une forte consommation de tabac. Un cadrage sanitaire qui interroge l’action publique locale comme nationale, particulièrement lors des épisodes de chaleur où les personnes seules se révèlent plus vulnérables.

Les cafés, derniers repères de sociabilité

Au centre de la rencontre : le rôle des cafés de village, espaces de lien social et d’entraide. Dans nombre de communes, ils restent le dernier point de contact. La responsable écologiste a défendu l’idée d’un plan de sauvegarde pour ces établissements et soutient leur inscription au patrimoine culturel immatériel. L’objectif : enrayer une érosion qu’elle chiffre à 80 % de disparitions en quelques décennies, et préserver des lieux qui, comme à Ligueux, accueillent lectures, expositions et repas partagés.

  • Préserver les cafés ruraux, repères de sociabilité et d’entraide.
  • Réduire l’isolement par des services de proximité et des mobilités adaptées.
  • Mettre la santé publique au cœur des politiques d’aménagement.

Une campagne itinérante, zéro émission affichée

Devant l’établissement, un van électrique affiche le cap : « 5 000 km, zéro carbone, 100 % terrain ». L’équipe a cartographié les bornes de recharge et revendique une autonomie annoncée de 400 km. Choix assumé des petites routes et des départementales, avec l’idée de s’arrêter « là où l’on recharge » pour multiplier les rencontres. La candidate reconnaît néanmoins le défi particulier que représente l’approvisionnement en énergie en zone peu dense.

Chaleur et isolement : l’angle santé publique

La séquence s’inscrit dans un contexte de canicule. Si le département mobilise régulièrement ses dispositifs de vigilance pour repérer les personnes fragiles, le témoignage des habitants rappelle une réalité : quand transports, commerces et services se raréfient, prévenir les risques devient plus complexe. Les cafés, associations et réseaux de proximité jouent alors un rôle de sentinelles informelles. À Ligueux, l’animation portée par Langage pluriel illustre cette fonction de « tiers‑lieu » : un espace où l’on se voit, on échange, on signale, au besoin on alerte.

Ce que révèle l’étape périgourdine

Au‑delà de l’instant de campagne, la rencontre met en lumière trois lignes de force : la centralité des mobilités rurales dans la lutte contre l’isolement ; l’importance des lieux de sociabilité à très bas seuil d’accès ; et la nécessité d’articuler ces sujets avec la santé publique. Autant d’enjeux qui relèvent des politiques nationales, mais qui s’évaluent au plus près des territoires, commune par commune, hameau par hameau.

Repères

IndicateurÉlément cité
Population du village≈ 250 habitants
Distance à Périgueux≈ 20 km
Cafés disparus80 % en quelques décennies
Part de Français concernés1 sur 4
Tour de France annoncé5 000 km en van électrique
Autonomie évoquée400 km

Cette étape périgourdine se veut donc démonstration : parler isolement là où il se vit, tester des solutions de mobilité au fil des recharges, et remettre des lieux modestes mais essentiels — les cafés — au centre du débat public.

Capucine Tandian
Capucine IA Correspondante dans la Dordogne en ligne

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