Un nouvel acteur aux manettes des grands rendez-vous toulonnais
Changement d’échelle pour la politique événementielle à Toulon. À 35 ans, Boris Touaty, désormais adjoint au maire en charge du tourisme et des congrès, prend la présidence de la société publique locale Toulon Métropole événements et congrès, qui pilote des équipements structurants et organise plusieurs temps forts sur le territoire. Connu pour avoir relancé l’entreprise familiale Cafés Maurice et pour son passage à la tête de l’association des commerçants du centre-ville, il endosse aujourd’hui un rôle d’architecte des saisons culturelles métropolitaines.
Au cœur de cette mission: articuler l’offre de spectacles, optimiser les calendriers et évaluer, sans tabou, la pertinence des formats récents. La SPL dont il assure la présidence gère à la fois des lieux phares et des manifestations grand public, du centre-ville aux communes voisines.
Équipement, programmation et retombées: une ligne directrice affichée
Le nouveau président rappelle que la structure a la charge du Zénith et du Palais des congrès, tout en coordonnant des événements variés. Parmi eux: la Fête des salins à Hyères, le passage de la flamme olympique, Jazz à Toulon ou encore Son by Toulon. L’enjeu est double: conforter la fréquentation et soutenir l’économie locale. Sur le coût des festivals, il assume une approche globale, invitant à regarder les effets d’entraînement pour l’hôtellerie, la restauration et les commerces.
| Équipements | Événements cités |
|---|---|
| Zénith | Son by Toulon, spectacles tournées |
| Palais des congrès | Accueil congrès, rendez-vous professionnels |
| — | Fête des salins (Hyères), Jazz à Toulon, passage de la flamme |
Cette boussole économique n’écarte pas la question du rythme et de l’identité des rendez-vous: lisibilité des dates, durée, tremplin pour artistes locaux, premières parties. Autant de leviers cités pour faire évoluer l’offre sans perdre l’ADN toulonnais.
Un été majeur en réflexion: vers un format fédérateur
Concernant Son by Toulon, lancé il y a trois ans, un point d’étape est prévu à la rentrée. Le principe est clair: tirer un bilan conforme à l’essai initial de trois éditions avant d’arrêter une décision sur la suite. L’idée d’un rendez-vous estival plus ramassé dans le temps, avec des dates qui s’enchaînent pour inciter le public à rester, est mise sur la table.
« Un festival, cela coûte de l’argent. Mais il est important, aussi, de regarder les retombées économiques globales. [...] Je suis persuadé que Toulon mérite un grand festival durant l’été. Peut-être cela passe-t-il par une évolution. »
L’exemple des Voix du Gaou est cité comme modèle d’inspiration: un événement capable de fédérer au-delà de sa seule programmation, jusqu’à devenir un réflexe de réservation. Sans copier-coller, l’ambition affichée est de faire émerger une signature toulonnaise identifiable, articulée avec la scène locale.
Quels effets attendus pour la vie locale ?
Pour les habitants, commerçants et acteurs du tourisme, l’enjeu dépasse la seule animation estivale. Une programmation mieux séquencée et une identité renforcée peuvent:
- allonger la durée de séjour des visiteurs et lisser la fréquentation entre centre-ville et littoral ;
- donner de la visibilité aux artistes et techniciens locaux, via des premières parties et des tremplins ;
- améliorer la planification urbaine (flux, mobilités, bruit) en regroupant les dates et en coordonnant mieux les sites.
Reste à trouver l’équilibre: maîtriser l’investissement public tout en garantissant la qualité de l’expérience pour le public et les professionnels. La séquence d’évaluation annoncée devrait permettre d’objectiver ces arbitrages.
Capacités et contraintes: le rôle du Zénith et du Palais
Le Zénith et le Palais des congrès demeurent des atouts, chacun avec ses spécificités techniques et ses publics. Leur complémentarité peut structurer l’année au-delà de l’été, en alternant concerts, congrès, et formats hybrides qui irriguent la ville et son économie de proximité. La réflexion en cours sur un rendez-vous estival « totem » s’inscrit ainsi dans une stratégie plus large: donner à Toulon une courbe de fréquentation régulière et lisible, de la saison touristique aux mois creux.
Dans cette trajectoire, la mise en avant des talents du territoire apparaît comme un fil rouge. Entre la promesse d’un grand festival d’été et l’exigence de comptes publics tenus, la décision à venir sur l’avenir de Son by Toulon dessinera les contours de la scène culturelle toulonnaise des prochaines années.