Une stratégie adoptée, des acteurs en retrait
La première stratégie nationale de l’économie sociale et solidaire (SNESS) a été officiellement adoptée le 9 juillet 2026. Mais l’annonce est marquée par un paradoxe : tous les acteurs du secteur ont choisi de s’abstenir, faisant du geste un signal fort contre ce qu’ils considèrent comme un texte dépourvu de ressources concrètes.
Un lancement raté
La conférence de presse prévue pour présenter la SNESS, animée par Serge Papin, a été annulée la veille au soir. L’annulation a été interprétée par le milieu associatif et les entreprises de l’économie sociale comme la manifestation d’un désaccord profond sur le contenu financier de la stratégie. Selon les organisations, les mesures annoncées manquent de moyens pour être mises en œuvre.
« main dans la main »
Le projet, fruit de plus d’un an de travail collaboratif, devait marquer un tournant institutionnel. Mais l’abstention collective révèle une fracture entre la volonté politique d’afficher une stratégie et la capacité à la financer réellement, estiment les acteurs concernés.
- 9 juillet 2026 : adoption officielle de la SNESS.
- La conférence de presse de Serge Papin : annulée la veille, privant le secteur d’un lancement public attendu.
- Réponse des acteurs : abstention collective pour dénoncer l’absence de financements.
Contexte et résonances
Le mouvement intervient après une année de tensions et de revendications budgétaires de la part des associations et structures d’insertion. Des mobilisations avaient déjà eu lieu, notamment une manifestation place de la Stalingrad le 11 octobre 2025, illustrant la montée en pression du secteur face aux coupes et aux contraintes financières.
| Événement | Date |
|---|---|
| Adoption de la SNESS | 9 juillet 2026 |
| Annulation de la conférence de presse | 8 juillet 2026 (la veille) |
| Manifestation citée | 11 octobre 2025 |
Pour les acteurs de l’économie sociale et solidaire, il ne s’agit pas seulement d’une question de formulation : sans dotations supplémentaires ou mécanismes de financement dédiés, les ambitions — accompagnement des structures, développement des emplois, transition sociale et écologique — risquent de rester lettres mortes. L’abstention collective traduit la volonté de faire peser publiquement cette exigence de moyens avant toute mise en œuvre.
Reste à savoir comment l’exécutif répondra à cette défiance. La trajectoire future de la SNESS dépendra de la capacité du gouvernement à traduire les intentions en crédits budgétaires et en dispositifs opérationnels acceptés par les principaux acteurs du secteur.