Une coutume ancienne toujours ancrée dans les communes forestières
Dans la Nièvre, l’affouage — le droit pour les habitants d’extraire une partie du bois de la forêt communale pour leur propre chauffage — n’est pas un simple souvenir : il reste une pratique largement répandue. Près de 75 communes du département l’ont adopté, fournissant selon les années entre 15 000 et 20 000 m3 de bois de chauffage.
Cette modalité de gestion forestière puise ses racines au Moyen Âge. Aujourd’hui, elle joue un double rôle : garantir un approvisionnement local et abordable en bois de chauffage, et favoriser des interventions sylvicoles nécessaires au renouvellement des peuplements.
Un outil de gestion et de proximité
Les responsables locaux et l’Office national des forêts (ONF) soulignent l’importance de l’affouage pour la gestion durable. Pour l’ONF Bourgogne-Ouest et les communes concernées, la pratique aide à prélever les bois qui doivent l’être afin d’accompagner la croissance des forêts tout en donnant accès à une énergie renouvelable.
« L’affouage est une pratique ancestrale, qui remonte au Moyen Âge »,
résume Julien Patzourenkoff, responsable du service bois à l’ONF pour la Nièvre et l’Yonne, rappelant l’ancienneté et l’ancrage de la pratique. Jérôme Mollard, directeur de l’agence ONF Bourgogne-Ouest, met quant à lui en perspective les volumes nationaux et locaux pour mesurer l’importance du dispositif.
Des retombées sociales, économiques et environnementales
Pour les habitants, l’affouage représente un accès à une ressource locale et moins coûteuse que les énergies fossiles. Le bois demeure, dans la région, la première source d’énergie renouvelable pour le chauffage domestique. Sur le plan social, la pratique renforce des liens au territoire et favorise une économie de proximité.
- Environ 75 communes concernées dans le département.
- Volume annuel estimé : 15 000 à 20 000 m3 selon les années.
- Intérêts : économie locale, gestion sylvicole, énergie renouvelable.
Une pratique sensible aux prix de l’énergie
Le nombre d’affouagistes varie aussi en fonction du contexte économique : lorsque le prix du gaz, de l’électricité ou du fioul augmente, l’attraction pour le bois de chauffe s’accentue. « Le nombre d’affouagistes peut varier en fonction de l’augmentation du prix du gaz, de l’électricité ou du fioul », observe Janni Siméon, président de l’Association des communes forestières de la Nièvre.
| Indicateur | Valeur (source ONF / collectivités) |
|---|---|
| Communes concernées | ~75 |
| Volume annuel estimé | 15 000–20 000 m3 |
Perspectives et informations pratiques
Pour les communes, l’affouage demeure un levier de politique territoriale : il permet d’associer les habitants à la gestion des forêts et d’assurer un suivi des prélèvements. Les personnes intéressées doivent se rapprocher de leur mairie pour connaître les modalités locales (inscription, tirage au sort, périodes de coupe, prescriptions de sécurité et d’environnement).
Dans un contexte où la transition énergétique questionne les usages, l’affouage illustre une solution locale, durable et socialement ancrée — une ressource qui, outre son rôle énergétique, participe à la gestion active des forêts nivernaises.