Devant le siège agenais, un ras-le-bol assumé
À Agen, la tension est montée d’un cran au sein de La Sauvegarde, association pilier de la protection et de l’accompagnement des personnes vulnérables. Ce jeudi 2 juillet à la mi-journée, environ 130 salariés se sont rassemblés devant le siège. Travailleurs sociaux, responsables de services, médecins et infirmiers ont fait front commun pour dénoncer une gestion jugée déficiente et des conditions de travail qu’ils estiment dégradées.
« On veut nos salaires. On veut nos comptables »
Le cortège, installé sur le trottoir face aux bureaux de direction, a donné le ton. Les manifestants décrivent des services en danger et l’effet paralysant d’une cyberattaque qui, selon eux, empêche certains agents d’exercer normalement. Sur une fenêtre, un drapeau figurant le Titanic qui sombre illustrait leur inquiétude sur l’avenir de la structure.
Échanges tendus avec la direction, désaccord persistant
Dans l’après-midi, une délégation a pu entrer au siège pour obtenir des réponses du directeur général, Bertrand Perinetti. Le dialogue n’a pas levé les doutes des représentants du personnel. Le secrétaire de la CGT à La Sauvegarde, Emmanuel Péré, a salué l’ampleur de la mobilisation tout en pointant l’insuffisance des réponses apportées :
« Cette journée de mobilisation est une réussite »
« Il a donné des réponses non satisfaisantes. Il se concentre sur les problèmes et pas sur leurs causes »
De son côté, le directeur général affirme avoir apporté des éléments concrets :
Bertrand Perinetti dit « avoir donné des réponses précises »
Un communiqué remis aux manifestants, selon la direction, reprend les revendications « point par point » : certaines recevraient une solution de nature technique, d’autres seraient réfutées. La direction indique également avoir proposé une rencontre avec les syndicats.
Un conflit qui interroge l’avenir des services aux publics fragiles
Au-delà des murs du siège, c’est l’organisation quotidienne des services qui préoccupe. Les personnels évoquent des interruptions ou des ralentissements liés à l’attaque informatique. La formule scandée sur les salaires et les comptables traduit, elle, des dysfonctionnements ressentis en interne. Sans entrer dans le détail des missions impactées, les salariés alertent sur une déstabilisation du fonctionnement, alors que l’association intervient dans des champs où la continuité de l’accompagnement est essentielle.
Dans un territoire comme le Lot-et-Garonne, où le maillage associatif soutient de nombreuses familles et publics en difficulté, toute désorganisation prolongée pèse sur l’orientation, l’accueil et le suivi. Les semaines à venir diront si le dialogue ouvre des issues concrètes, notamment sur la remise en route complète des outils informatiques et la sécurisation des services cités comme fragilisés par le terrain.
Une mobilisation appelée à se poursuivre
Les salariés n’entendent pas en rester là. Un nouveau rassemblement est annoncé au même endroit le 7 juillet à 13 h 30. D’ici là, chacun campe sur ses positions : les équipes demandent des garanties sur la gestion et les conditions de travail, la direction met en avant des réponses techniques et un cadre de discussion avec les syndicats.
Les prochains échanges devront clarifier trois points clés : l’ampleur des effets de la cyberattaque sur les services, le calendrier et la portée des correctifs techniques promis, ainsi que les engagements de gouvernance pour restaurer la confiance interne.
Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|---|
| 2 juillet | Rassemblement d’environ 130 salariés devant le siège à Agen, prises de parole et échange avec la direction |
| Après-midi du 2 juillet | Entrevue avec le directeur général, remise d’un communiqué aux manifestants |
| 7 juillet (13 h 30) | Nouveau rassemblement annoncé au même endroit |
Ce qu’il faut surveiller à Agen
- La portée réelle des mesures techniques avancées par la direction pour répondre aux revendications
- L’impact continu de la cyberattaque sur le fonctionnement des équipes et l’accueil des publics
- La capacité des parties à établir un calendrier de négociation et des garanties sur les conditions de travail
En attendant, la crise demeure. L’association, sommée de rassurer ses personnels et ses usagers, est face à un défi organisationnel et social qui dépassera la seule journée de mobilisation. À Agen, les regards se tournent vers la suite des discussions annoncées et les effets concrets, ou non, sur le terrain.