Un contrat avec Essaimons pour retrouver des marges de manœuvre
Angoulême — Afin d’assainir ses comptes et d’offrir une activité régulière à ses équipes, l’Association régie urbaine (ARU) vient de conclure un partenariat avec la start-up Essaimons, spécialisée dans le recyclage textile. Le contrat porte sur des opérations de délissage — extraction des « points durs » (boutons, fermetures, étiquettes) — et sur le tri de sacs fournis par Amazon, dont les parties non recyclables seront séparées au cutter.
Pour l’ARU, organisme de réinsertion par l’emploi, ces tâches peuvent être réalisées par des postes aujourd’hui partagés entre différents pôles. « Hier, des collègues de la peinture sont venus, parce qu’ils n’avaient pas de chantier », explique Erwan Gouge, encadrant technique, témoignant de la souplesse opérationnelle recherchée.
Une réponse pragmatique à des difficultés financières
La manoeuvre intervient après plusieurs années difficiles pour l’association. L’année 2024 a été déficitaire, des subventions ont été versées avec retard et l’ARU s’est retrouvée sans budget départemental, entraînant un découvert de 160 000 € pendant trois mois, d’avril à juin 2025. Si l’exercice 2025 est repassé « dans le vert » après obtention de subventions, la structure recherche un matelas financier pour se prémunir contre de futurs aléas.
« Si on veut retrouver de la trésorerie, il n’y a pas cinquante solutions. »
Cette formule de Stéphane Coudret, directeur de l’ARU, résume les deux pistes possibles : trouver un mécène ou générer des excédents. Le contrat avec Essaimons vise la seconde option, en permettant d’augmenter les périodes rentables et de réduire les creux d’activité.
Organisation, souplesse et perspectives locales
Le travail demandé est qualifié d’« assez simple » mais demande de la rigueur : découpe mécanique des bandes comportant des éléments indésirables pour le recyclage, et découpe manuelle au cutter pour certains sacs. L’objectif est double : répondre aux besoins industriels d’un grand acteur du recyclage tout en offrant des tâches adaptées aux salariés en insertion.
- Mutualisation des équipes entre pôles selon la charge.
- Activité permettant de lisser le chiffre d’affaires.
- Réduction de la vulnérabilité aux retards de subventions.
Si ce nouveau chantier se révèle fiable et durable, il pourrait constituer « un socle » financier selon le directeur, stabilisant l’association et préservant des emplois d’insertion sur le territoire d’Angoulême. La prudence reste de mise : l’ARU dépend encore de la régularité des commandes et du calendrier des aides publiques.
| Éléments | Situation |
|---|---|
| Année 2024 | Déficit |
| Avril–juin 2025 | Découvert de 160 000 € |
| Année 2025 | Résultat positif après subventions |
Le partenariat avec Essaimons démarrera comme une activité de complément, destinée à combler les périodes creuses et à offrir une activité utile aux salariés. Reste à suivre son évolution pour savoir si ce chantier pourra réellement transformer la santé financière de l’association et consolider son rôle d’acteur social au cœur d’Angoulême.