Une mise en concurrence qui fragilise des structures de proximité
En janvier 2026, le Département de l'Yonne a lancé un appel à projets destiné à réorganiser la protection de l'enfance sur le territoire, afin de se conformer à une obligation juridique entrée en vigueur en 2024. Cette nouvelle donne, qui sépare notamment les régimes de placement, a remis à plat les modes de contractualisation entre l'autorité départementale et les associations intervenant auprès des mineurs.
Plusieurs associations historiques du département contestent aujourd'hui le résultat de cette procédure. Elles affirment avoir été écartées sans explication, alors qu'elles gèrent des dispositifs de proximité et emploient des équipes locales. L'intersyndicale, qui tire la sonnette d'alarme depuis quelques jours, parle d'une menace pesant sur près de cent emplois.
"Ça va être une catastrophe"
Adrien Fouassin, éducateur au sein de l'association La Vie au grand air, témoigne d'une situation concrète : sa structure suit 35 mineures en Puisaye‑Forterre et emploie six personnes. Selon lui, l'association s'est retrouvée « mise de côté » lors de l'attribution des marchés sans qu'il y ait eu d'explication sur le choix du Département.
Quels enjeux pour les territoires ruraux ?
Les inquiétudes portent autant sur l'emploi que sur la continuité des prises en charge. Dans des secteurs comme la Puisaye‑Forterre, les associations jouent un rôle d'aménagement social et culturel, en lien étroit avec les familles et les professionnels locaux. La disparition ou la recomposition brutale de ces acteurs peut entraîner des ruptures d'accompagnement pour des mineurs déjà vulnérables.
- Emploi local : suppression potentielle d'emplois salariés, notamment dans de petites équipes.
- Continuité des prises en charge : risque de ruptures ou de déplacements de mineurs vers d'autres structures.
- Transparence des choix : demande d'explications de la part des associations exclues.
Quelle suite ?
Les associations concernées et l'intersyndicale demandent des éclaircissements au Département et la communication des motifs ayant conduit aux décisions de sélection. À ce stade, la source rapporte l'alarme lancée par les équipes locales mais ne mentionne pas de calendrier de recours ou de dialogue engagé entre les parties.
| Structure | Públic suivi | Salariés menacés |
|---|---|---|
| La Vie au grand air | 35 mineures (Puisaye‑Forterre) | 6 |
| Total annoncé | Près de 100 emplois menacés | |
Le débat qui s'ouvre dépasse le simple cadre administratif : il interroge la manière dont les politiques publiques prennent en compte la spécificité des territoires et la place des acteurs associatifs dans la protection de l'enfance. Les familles et les salariés attendent désormais des réponses précises du Département sur les motifs des choix et sur les solutions envisagées pour préserver les emplois et la qualité des accompagnements.