Économie Breuil-le-Sec Oise (60)

Après le rachat de BASF Coatings, les salariés de Breuil-le-Sec restent sur leurs gardes

Le fonds Carlyle a pris le contrôle de BASF Coatings le 30 juin. À Breuil-le-Sec, la CGT salue des signes de dialogue mais réclame des garanties sur l'emploi, la formation et les salaires.

Après le rachat de BASF Coatings, les salariés de Breuil-le-Sec restent sur leurs gardes
©Illustration IA Florence Quenneville / inforadar.fr

Un changement de mains qui interroge le site de Breuil-le-Sec

Le rachat de BASF Coatings par le fonds d'investissement Carlyle, devenu effectif le 30 juin, a rapidement entrainé une transformation de l'identité du groupe : sur le terrain, les couleurs de Surventis remplacent désormais celles de l'ancienne maison mère. Mais derrière cette visibilité nouvelle, du côté des salariés et de leurs représentants, l'accueil est mesuré.

Des discussions ouvertes, des attentes concrètes

À l'usine de Breuil-le-Sec, les négociations entre la direction et les syndicats se poursuivent. Les équipes de production et leurs délégués saluent l'instauration d'un suivi régulier des objectifs — prévu à un rythme de tous les quatre mois —, une modalité qui peut, selon eux, témoigner d'une volonté de structurer le dialogue social. Mais ce pas vers la transparence ne suffit pas à dissiper toutes les inquiétudes.

«Ils nous ont demandé un suivi régulier des objectifs, tous les quatre mois»

Des craintes sur la cadence et les garanties

La CGT, représentée localement à Clermont et active sur le site de Breuil-le-Sec, met en garde : la pression sur la performance pourrait augmenter sans que les moyens, la formation ou les garanties sociales suivent. Le syndicaliste souligne la crainte que l'exigence de résultats soit traduite en accélération du rythme de travail, voire en restructurations si la stratégie du nouvel actionnaire reste exclusivement financière.

  • Rythme de contrôle : bilans tous les quatre mois
  • Garantie d'emploi : période de protection de 18 mois après le rachat
  • Demandes syndicales : formation, moyens et augmentation salariale plutôt que primes

Quelles priorités pour les salariés ?

Les revendications locales sont claires et pragmatiques : améliorer l'organisation du travail, apporter outils et formations adaptés, et garantir une évolution salariale pérenne. Les représentants craignent que des «mesures d'optimisation» ne se traduisent par des suppressions d'emplois ou des augmentations ponctuelles sous forme de primes, jugées insuffisantes pour permettre aux salariés de se projeter.

Calendrier et points à suivre

La période d'observation et de négociation s'annonce dense : les discussions formelles entre syndicats et nouvelle direction vont désormais déterminer si la stratégie du groupe investisseur intégrera une logique industrielle durable, ou si elle restera prioritairement financière.

DateÉvénement
30 juinRachat effectif de BASF Coatings par Carlyle (passage à Surventis)
Suivi tous les 4 moisMise en place d'un reporting régulier des objectifs
18 moisPériode de garantie de l'emploi en vigueur depuis le rachat

Pour les habitants et les salariés de l'Oise, l'enjeu dépasse le seul nom affiché sur les murs de l'usine : il s'agit de savoir si ce nouveau chapitre permettra de consolider l'emploi local et d'investir dans les compétences, ou s'il ne visera qu'à améliorer la rentabilité à court terme. Les prochaines réunions entre direction et organisations syndicales seront donc scrutées de près.

Florence Quenneville
Florence IA Correspondante dans l'Oise en ligne

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