Un coup d’arrêt pour le n°1 français
Le Centre Court attendra. Opposé à Matteo Berrettini, finaliste de Wimbledon en 2021 et redoutable serveur malgré une saison marquée par les pépins physiques, Arthur Fils a plié au deuxième tour en quatre sets : 6-4, 7-5, 3-6, 6-3 en 2h53. Le n°24 mondial, tête de proue d’un tennis français en quête d’élan sur gazon, avait pourtant déniché des brèches. Pas assez, pas assez souvent.
Deux premières manches, mêmes regrets
La photographie du début de match est tronquée par deux détails qui n’en sont pas : un jeu de service mal tenu à 3-3 dans la première manche, et un scénario réédité dans la seconde avec un unique écart au moment clé. Dans l’acte initial, Berrettini s’offre le break dès sa première opportunité et conclut à 5-4 sur sa seule balle. Dans le second, l’Italien efface une occasion de 4-2 pour Fils, s’accroche, puis frappe à 5-5, avant de boucler sans trembler malgré une balle de débreak concédée au moment de servir pour le set.
Fils réagit, le match bascule… avant l’interruption
Le troisième set réveille la percussion du Français, plus incisif en retour. Fils convertit la première opportunité à 2-1, relance son match, verrouille ses engagements et revient à une manche (score : 6-3). En face, le Romain accuse le coup, baisse d’un cran dans l’échange et concède des fautes directes inhabituelles pour lui sur gazon.
La longue pause de Berrettini, puis le verrou
À la bascule, Berrettini file aux vestiaires pour une très longue « pause toilettes », près d’une dizaine de minutes. À la reprise, le finaliste 2021 retrouve son dossard de favori : plus de précision sur la première balle, des retours tendus sur l’axe, un break à 2-1 et un bras qui ne tremble pas pour fermer les portes. Fils pousse, grignote quelques égalités, mais l’Italien achève à 5-3 sur sa troisième balle de match.
Le miroir tactique d’un match de marges
Ce duel s’est joué dans les interstices : une première balle de Berrettini qui l’a souvent extrait des pièges, et une gestion des moments chauds où l’Italien, déjà victorieux au tour précédent après quatre tie-breaks face à Stan Wawrinka, a récité son mode d’emploi. Côté français, les séquences agressives ont payé au troisième set, mais l’impossibilité de convertir les rares ouvertures dans les deux premières manches laisse un parfum d’inachevé.
Jeudi noir pour le tennis tricolore
Cette défaite s’inscrit dans une journée compliquée pour le camp bleu. Avant Fils, Léolia Jeanjean, Adrian Mannarino, Quentin Halys et Valentin Royer avaient déjà quitté le tournoi. Un faisceau d’éliminations qui illustre la difficulté actuelle du tennis français à enchaîner sur herbe, surface d’exigence où le service et les premiers coups dictent la loi.
Berrettini relancé, Fils à rebâtir
Pour l’Italien, classé 51e mondial, l’embellie se confirme après un premier tour-marathon contre Wawrinka. Son identité reste la même : lourdeur de frappe, service omniprésent, sens du tempo dans les sets serrés. Pour Fils, la marge de progression demeure réelle. Son troisième set, tenu à la relance et au filet, dessine une feuille de route claire : hausser la qualité des premiers jeux au service, convertir davantage sur seconde balle adverse, et tenir la ligne dans les moments charnières.
Les chiffres du match
| Set | Score | Fait clé |
|---|---|---|
| 1 | 6-4 Berrettini | Break à 3-3 sur sa 1re occasion |
| 2 | 7-5 Berrettini | Balle de 4-2 sauvée, break à 5-5 |
| 3 | 6-3 Fils | Break à 2-1 sur 1re occasion |
| 4 | 6-3 Berrettini | Break à 2-1, fermeture à 5-3 |
Ce que dit la défaite
- La densité de Wimbledon sanctionne l’irrégularité sur quelques jeux charnières.
- Berrettini, finaliste 2021, a capitalisé sur sa première balle et sa gestion des points sous pression.
- Le troisième set de Fils pose des bases solides, mais l’entrée de match reste à serrer pour franchir ces caps.
Le rendez-vous londonien s’arrête donc pour le n°1 français. Frustrant, oui. Instructif, surtout. À ce niveau, la différence se mesure au millimètre : ce sont précisément ces millimètres que Fils doit désormais s’approprier.