Aston Martin Lagonda publie des résultats mitigés pour le deuxième trimestre : à la fois une hausse sensible des ventes et un creusement de la perte nette, un contraste qui illustre la fragilité d'un constructeur de voitures de luxe en pleine transformation.
Des ventes en hausse, notamment grâce à la Valhalla
Sur la période, le groupe a livré 1 392 véhicules, soit une progression de 43% par rapport à l'année précédente. Cette progression se reflète dans un chiffre d'affaires en forte hausse, à 358,2 millions de livres (environ 418 millions d'euros), et par une amélioration de la marge brute. Le modèle hybride rechargeable Valhalla est cité comme moteur de cette dynamique commerciale.
Des résultats financiers plombés par les coûts et la dette
Pourtant, la perte nette s'est aggravée, atteignant 90,1 millions de livres (environ 105 millions d'euros), presque un tiers de plus qu'au même moment l'an passé. Le groupe explique cette détérioration principalement par une flambée des frais financiers, liée notamment à un effet de change défavorable sur une dette libellée en dollars.
"Nous sommes en bonne voie pour enregistrer une amélioration financière significative cette année par rapport à 2025", affirme Adrian Hallmark, directeur général.
Mesures annoncées : réduction d'effectifs et refinancement
En février, Aston Martin a présenté un plan de suppression de postes visant 20% des effectifs, soit environ 600 personnes, pour réduire ses coûts. Par ailleurs, le groupe a bouclé un refinancement de dette de 550 millions de livres, manœuvre que la direction présente comme un renfort important de sa trésorerie et de sa flexibilité financière.
- Ventes T2 : 1 392 véhicules (+43%)
- Chiffre d'affaires T2 : 358,2 M£ (+62%)
- Perte nette : 90,1 M£
- Refinancement : 550 M£
- Plan social : 20% des effectifs (~600 postes)
| Indicateur | Montant |
|---|---|
| Ventes (T2) | 1 392 véhicules |
| Chiffre d'affaires (T2) | 358,2 M£ |
| Perte nette | 90,1 M£ |
| Refinancement | 550 M£ |
Un contexte international incertain
La direction attire l'attention sur un environnement mondial délicat : tensions commerciales et fiscales — avec des mentions explicites de la politique douanière américaine et de l'évolution de la taxation des véhicules de luxe en Chine — ainsi que la situation au Moyen-Orient. Ces éléments pèsent sur la visibilité et sur la rentabilité, en particulier pour un constructeur dépendant de marchés haut de gamme et de devises étrangères.
Pour les observateurs régionaux, ces annonces illustrent la difficulté des industriels de niche à concilier montée en gamme, électrification des gammes et maîtrise des coûts financiers. Le refinancement procure un répit à court terme, mais la réduction annoncée d'emplois et la nécessité d'améliorer durablement la rentabilité restent au cœur des sujets à suivre.
Dans les mois à venir, le groupe mise sur une seconde moitié d'année plus solide, à mesure que les mesures de transformation porteront leurs effets, selon la direction.