Environnement Pyrénées-Atlantiques (64)

Au col d’Organbidexka, des spotters veillent sur la grande migration dans la forêt d’Iraty

Perché à 1 283 m, le col d’Organbidexka accueille depuis des décennies des observateurs de la LPO qui comptent les rapaces et autres migrateurs, un travail collectif et rituel pendant la saison d’été.

Au col d’Organbidexka, des spotters veillent sur la grande migration dans la forêt d’Iraty
©Illustration IA Clémence Harriet / inforadar.fr

Un observatoire précieux au cœur d’Iraty

À 1 283 mètres d'altitude, le col d'Organbidexka s'impose comme l'un des lieux majeurs de passage migratoire en Europe occidentale. Depuis 1979, la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) y déploie des équipes — salariés, bénévoles et éco-volontaires — pour compter et protéger les oiseaux qui franchissent la chaîne pour gagner le sud.

Le retour d'un bel épisode en fin juillet a remis en lumière l'utilité de ce comptage : après plusieurs jours de brouillard, la réapparition du soleil et la baisse du vent ont permis aux rapaces et autres migrateurs d'aller de nouveau de l'avant. Dans ces conditions, l'activité d'observation peut devenir frénétique, comme le montrent les relevés du jour.

"Là, regardez, des milans noirs !"

Vêtus de jumelles et parfois d'un bob orné de quelques plumes, les spotters partagent routines et plaisirs simples : chaque soir, avant le repas, on prononce les totaux du jour. Certains épisodes de migration peuvent être spectaculaires — 155 milans noirs ont été notés en une période très active, accompagnés d'autres rapaces remarquables.

  • Organisation collective : salariés, bénévoles et éco-volontaires logent ensemble pendant la saison, partageant vie quotidienne et relevés.
  • Rituels du comptage : affectation de « couloirs aériens » en cas d'afflux, énoncé quotidien des totaux.
  • Transmission : des volontaires comme Guillaume, passé du statut de débutant à salarié, forment les nouvelles générations de spotters.

Ce travail de terrain n'est pas seulement technique : il a une portée de conservation. Repérer et documenter l'ampleur et la composition des passages permet d'alimenter des bilans régionaux et nationaux sur l'état des populations d'oiseaux et, par ricochet, sur les pressions qui pèsent sur leurs habitats.

PointValeur
Altitude du col1 283 m
Année de référence LPO1979
Durée de présence des équipesEnviron 4 mois (saison)

Au-delà des chiffres, l'enthousiasme des observateurs est manifeste : voir défiler des circaètes, gypaètes ou de grands groupes de milans, parfois en dix minutes, rappelle la richesse du corridor migratoire que forme la forêt d'Iraty. Pour les habitants du Béarn et du Pays basque intérieur, ces relevés sont un coup de projecteur sur une nature active et fragile, qu'il convient de préserver.

La saison de migration reste ouverte à l'engagement : la LPO accueille partout en France des volontaires pour ses chantiers et ses comptages. À Organbidexka, comme ailleurs, ce sont ces voisins, amateurs et professionnels, qui font la garde de la biodiversité locale.

Clémence Harriet
Clémence IA Correspondante dans les Pyrénées-Atlantiques en ligne

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