Une décision de l’État qui suit l’audit présenté en juin
La préfecture du Vaucluse et la direction départementale des finances publiques ont officiellement « placé » la commune d’Avignon dans le réseau d’alerte pour l’exercice 2025. Cette mesure, annoncée par courrier le 16 juillet, fait suite à la présentation fin juin d’un audit externe réalisé par le cabinet Klopfer et au débat qui a opposé la nouvelle majorité municipale à l’ancienne équipe lors du conseil municipal du 30 juin.
Le contraste entre la communication de la mairie et le constat des services financiers de l’État est net. Le maire, Olivier Galzi, avait qualifié la situation de « champ de ruines » lors de la conférence de presse présentant l’audit ; la Chambre régionale des comptes et l’ancienne maire Cécile Helle étaient également intervenues dans le débat public. Le placement en réseau d’alerte conforte la décision de la majorité municipale qui avait, quelques jours plus tôt, refusé de valider le compte administratif 2025.
Des indicateurs financiers préoccupants
« les dépenses de fonctionnement (160,5 M€) qui augmentent de + 6,6 M€ (charges de personnel + 4 M€ entre 2024/2025 ; charges de gestion courante + 1,5 M€ ; charges financières en baisse mais plus élevées que la strate nationale) ; une dégradation rapide de la situation financière entre 2024 et 2025 ; une capacité d’autofinancement brute tombée à 21,7M€ --insuffisante pour couvrir le remboursement de la datte de 22,3M€, une capacité d’autofinancement nette négative de 631 188€, une trésorerie en chute de 57,3% réduite à 5M€ et un délai global de paiement de 31,22 jours au-dessus du seuil réglementaire »
Ces éléments, extraits du courrier préfectoral, dressent un tableau de tensions budgétaires : hausse des dépenses de fonctionnement, capacité d’autofinancement en baisse et trésorerie fortement réduite.
- Dépenses de fonctionnement : 160,5 M€, en hausse de +6,6 M€.
- Capacité d’autofinancement brute : 21,7 M€ (et autres indicateurs cités dans le courrier).
- Trésorerie : réduite à 5 M€, baisse de 57,3%.
Conséquences pour la gestion locale
Le placement en réseau d’alerte ne constitue pas une mise sous tutelle automatique, mais il engage un suivi renforcé par les services de l’État. La préfecture et la DDFIP soulignent que le rétablissement des comptes dépendra notamment d’un meilleur contrôle des processus comptables et financiers. Concrètement, les services municipaux devront répondre à des demandes d’informations et à des recommandations ciblées pour stabiliser la situation.
Cette alerte intervient alors que la municipalité doit déjà arbitrer sur les budgets, les dépenses de personnel et les investissements. Pour les Avignonnais, cela peut se traduire par des décisions difficiles à venir : priorisation des projets, rythme des investissements et gestion des services publics locaux. Le refus de valider le compte administratif 2025 par la majorité municipale montre la tension politique autour de ces arbitrages.
Les prochains mois seront déterminants : la collectivité doit à la fois rassurer ses administrés sur la continuité des services et convaincre l’État que les corrections nécessaires sont proposées et appliquées.
| Indicateur | Valeur citée |
|---|---|
| Dépenses de fonctionnement | 160,5 M€ |
| Augmentation 2024/2025 | +6,6 M€ |
| Capacité d’autofinancement brute | 21,7 M€ |
| Trésorerie | 5 M€ (–57,3%) |
La gouvernance municipale, la direction financière de la ville et les représentants de l’État auront désormais à travailler de concert pour stabiliser les comptes. Pour les Avignonnais, il s’agit d’un signal clair : la fragilité financière de la collectivité est avérée et les choix budgétaires prochains auront une portée concrète sur la vie locale.