Quatre personnes mises en examen dans le dossier des incendies de bateaux
Le parquet de Bastia a annoncé jeudi la mise en examen de quatre personnes dans l'enquête sur la série d'incendies criminels qui avait touché des bateaux de promenade en Haute‑Corse en 2025. Ces mises en examen font suite à des jours de garde à vue et à des investigations menées par la direction interdépartementale de la police nationale (DIPN) de Haute‑Corse.
Les suspects sont liés à une société de batellerie présentée comme concurrente de l'une des victimes et sont, selon une source proche du dossier, « proches du clan Federici ». Le parquet retient contre eux des chefs lourds : association de malfaiteurs, complicité de destruction par un moyen dangereux en bande organisée et participation à une organisation criminelle.
« Elles n’ont pas de lien ni avec la victime, ni avec l’activité de promenade en mer. »
Cette précision, rapportée par une source proche du dossier, indique que les personnes déférées sont considérées comme les incendiaires mais que leur relation directe avec l'exploitant visé et son activité de promenade serait, selon cette source, inexistante.
La série d'incendies avait débuté en juin 2025 et visé notamment le port de Saint‑Florent, avant de s'étendre à d'autres catamarans quelques mois plus tard, en septembre. Parmi les victimes figure Jean‑François Mei, fondateur d'une société de promenades en mer très implantée localement, qui avait annoncé en novembre renoncer à son activité après un troisième incendie visant son entreprise.
Déjà, fin janvier, des magistrats bastiais avaient mis en examen quatre vingtenaires pour association de malfaiteurs et destruction par moyen dangereux. Ils sont soupçonnés d'avoir participé à un ou plusieurs incendies ayant détruit neuf bateaux au port de Saint‑Florent en 2025. Les nouvelles mises en examen s'inscrivent dans la continuité de ces investigations et visent à élucider l'organisation et les commanditaires éventuels des attaques.
Les enquêteurs de la DIPN ont, selon le parquet, mis en évidence des liens entre les auteurs présumés et « plusieurs individus soupçonnés d’avoir commandité les faits ». Une cinquième personne, actuellement détenue pour une autre cause, doit être présentée aux magistrats vendredi pour des actes en lien avec la même affaire.
Sur le terrain, la série d'incendies avait profondément marqué la profession nautique et les usagers du port de Saint‑Florent. Les conséquences économiques et la sensation d'insécurité avaient poussé certains armateurs à réduire ou suspendre leur activité. Les autorités judiciaires et la police multiplient désormais actes d'enquête et auditions pour reconstituer le mode opératoire et faire la lumière sur d'éventuelles logiques de concurrence déloyale ou d'intimidation structurée.
Cette procédure restera suivie de près en Haute‑Corse. Les mises en examen posent les jalons d'un dossier complexe, mêlant incendies ciblés, rivalités commerciales et liens avec des réseaux identifiés par les services de police. Les audiences à venir devraient préciser le rôle exact de chaque mis en cause et la nature des commanditaires évoqués par les enquêteurs.
- Dates clés : premières attaques en juin 2025, nouveaux feux en septembre 2025.
- Lieu central : port de Saint‑Florent (Haute‑Corse).
- Charges : association de malfaiteurs, complicité de destruction par moyen dangereux en bande organisée, participation à une organisation criminelle.
| Élément | Information |
|---|---|
| Nombre de mises en examen (nouveau) | 4 |
| Victimes connues | Sociétés de promenade en mer, dont celle de Jean‑François Mei |
| Enquêtes | DIPN de Haute‑Corse |
La procédure judiciaire est en cours. Les prochaines étapes incluent la présentation d'une cinquième personne et la poursuite des confrontations et expertises techniques visant à déterminer l'enchaînement exact des faits.