Un avis qui pose des questions sur les impacts locaux et régionaux
L’Autorité environnementale (Ae) a rendu public, le 27 août, un avis critique sur le dossier de modernisation de l’aéroport de Beauvais-Tillé. L’instance pointe des « insuffisances dans l’évaluation environnementale présentée » et demande des précisions sur plusieurs hypothèses fondatrices du projet, notamment le trafic et les alternatives permettant de réduire l’usage de la voiture.
Le projet est d’envergure : extension des terminaux, création de quatre postes avions supplémentaires, de trois taxiways, près de 3 500 places de stationnement et une réorganisation complète des accès routiers. Il est dimensionné pour accompagner une plateforme qui, en 2024, a accueilli 6,6 millions de passagers et géré près de 40 000 mouvements commerciaux, avec un plafond prévu de 45 000 mouvements annuels jusqu’en 2050.
Des points de vigilance ciblés
- Trafic et hypothèses : l’Ae demande des justifications plus solides sur les prévisions, notamment le plafonnement annoncé à partir de 2033 et la réalité du seuil de 45 000 mouvements.
- Alternatives : l’analyse des options (gestion du stationnement, capacité aéroportuaire, report modal) est jugée insuffisante pour évaluer des solutions réduisant la dépendance à la voiture.
- Enjeux environnementaux : climat (y compris les traînées de condensation), qualité des eaux et biodiversité figurent parmi les grandes préoccupations de l’Autorité.
« L’Autorité environnementale relève des insuffisances dans l’évaluation environnementale présentée. »
Sur le plan climatique, l’Ae invite à intégrer des éléments souvent négligés, comme les effets des traînées de condensation dans le bilan global des émissions de gaz à effet de serre, et à préciser les mesures d’évitement, de réduction et de compensation. La gestion des eaux pluviales et la protection de la nappe phréatique sont également mentionnées comme des points à approfondir.
Quels enjeux pour les Beauvaisiens ?
Pour les habitants du Beauvaisis, cet avis signifie que le dossier n’est pas encore jugé suffisamment probant pour justifier, en l’état, l’intensification du trafic et les aménagements prévus. Les sujets soulevés touchent à la santé publique (bruit, qualité de l’air), aux déplacements quotidiens (nouvelles voies, parking) et à la préservation des espaces naturels alentour.
L’Autorité demande au maître d’ouvrage de fournir des éléments complémentaires et de préciser les choix retenus face aux alternatives possibles. Ce travail devra convaincre non seulement les services instructeurs, mais aussi les élus locaux et les riverains, qui attendent des garanties tangibles sur les mesures de réduction des impacts et sur les dispositifs de compensation.
| Chiffres clés | Valeur |
|---|---|
| Passagers en 2024 | 6,6 millions |
| Mouvements commerciaux 2024 | ~40 000 |
| Plafond visé | 45 000 mouvements/an jusqu’en 2050 |
| Places de stationnement prévues | ~3 500 |
Le calendrier dira si les compléments demandés par l’Ae modifieront substantiellement le projet. D’ici là, la fermeture de la concertation technique ne vaut pas accord définitif : il faut encore approfondir l’évaluation des effets territoriaux, des modes de déplacement alternatifs et des mesures en faveur de la biodiversité autour de l’infrastructure.
Pour les Beauvaisiens, la suite du dossier mérite une attention particulière : il s’agira d’exiger une information claire sur les mesures concrètes prévues pour limiter les nuisances et protéger les ressources naturelles locales, ainsi que sur les solutions proposées pour réduire la dépendance à la voiture pour accéder à l’aéroport.