Un rassemblement bref mais suivi par les autorités
Fin juin, un important convoi de familles tziganes affiliées à la mouvance évangélique s’est installé sans autorisation le 25 juin sur une parcelle agricole à Larivière, dans le Territoire de Belfort. Selon les récits locaux, près de 150 familles y ont séjourné avec environ 400 véhicules et caravanes. La présence a duré moins d’une semaine : la préfecture a organisé l’expulsion des occupants le 30 juin.
Des modalités d’installation discutées
Le rassemblement répondait, d’après les organisateurs, à des objectifs de rencontre et d’évangélisation. Le pasteur Tony Mouche a déclaré que ceux qui craignaient des problèmes d’hygiène pouvaient venir constater la propreté du lieu. Des poubelles avaient été mises à disposition, ce que rapportent des médias locaux, et aucun dépôt sauvage massif n’aurait été constaté durant leur présence.
- Arrivée : 25 juin sur un terrain agricole.
- Effectif : environ 150 familles, 400 véhicules/caravanes.
- Expulsion : 30 juin décidée par la préfecture.
Tensions avec les riverains et arguments municipaux
Le bruit des réunions de culte, notamment le matin, et l’animation en soirée ont perturbé des habitants d’un village décrit comme « très calme ». Une riveraine a exprimé un sentiment d’inquiétude, expliquant que certains habitants « ferment les portes un peu plus ». Pour le maire de Larivière, Marc Blondé, la procédure était claire : les personnes souhaitant s’installer doivent formuler une demande auprès des autorités compétentes ou de la préfecture. Selon lui, l’arrivée « du jour au lendemain » sans information préalable ne pouvait être acceptée.
« Ils voulaient s’installer, il fallait faire une demande aux autorités ou à la préfecture. On ne peut pas venir du jour au lendemain sans prévenir les gens. » — Marc Blondé, maire de Larivière
Un problème récurrent d’aires d’accueil
Le pasteur Tony Mouche a avancé une explication structurelle : au moment de l’arrivée du convoi, la seule aire d’accueil du département était occupée. La loi prévoit la possibilité de disposer de deux aires, mais la disponibilité effective de ces emplacements reste tendue. Ce point rappelle une critique soulevée ailleurs : en 2023, Jean-Marc Godet, président du Conseil départemental du Loiret, avait déjà dénoncé le manque d’équipements (toilettes, poubelles) lors de rassemblements similaires organisés par la Mission évangélique tzigane Vie et Lumière, ce qui soulignait des risques sanitaires quand les infrastructures font défaut.
| Élément | Informations |
|---|---|
| Date d’arrivée | 25 juin |
| Date d’expulsion | 30 juin |
| Nombre de familles | 150 |
| Véhicules/caravanes | 400 |
Conséquences locales et questions à venir
Cette opération met en lumière plusieurs enjeux pour le Territoire de Belfort : la capacité d’accueil des personnes nomades, la coordination entre organisateurs de rassemblements et autorités locales, et la gestion des nuisances ressenties par les habitants. À court terme, l’expulsion a apaisé les tensions visibles dans le village. À moyen terme, la question des aires et des modalités d’accueil, ainsi que la communication entre organisateurs de rassemblements et collectivités, reste entière.
Les autorités et associations concernées devront préciser les alternatives proposées aux familles déplacées et clarifier les conditions d’utilisation des aires d’accueil pour limiter la répétition de tels épisodes. Pour les riverains, la priorité demeure la préservation du calme et de la salubrité du cadre de vie ; pour les familles en déplacement, l’accès à des sites équipés et une procédure administrative lisible sont des attentes récurrentes.