Un électrolyseur industriel conçu et assemblé près de Belfort
John Cockerill Hydrogen a dévoilé vendredi à Foussemagne, dans le Territoire de Belfort, le stack de son premier électrolyseur fabriqué en France. Ce module central, pesant 30 tonnes pour 7 mètres de long et 2 mètres de diamètre, représente la pièce maîtresse d’un appareil de 5 MW destiné à produire de l’hydrogène « décarboné » par électrolyse.
L’usine, reprise en 2025 à la start-up McPhy, a récemment été mise en service et emploie aujourd’hui une trentaine de salariés. Avant toute commercialisation, le stack doit encore passer une campagne d’essais en Allemagne ; la direction espère une mise sur le marché d’ici la fin de l’année.
Un appareil taillé pour les usages industriels lourds
Le modèle présenté est un électrolyseur alcalin pressurisé utilisant des cellules en polymères, une caractéristique que l’industriel met en avant pour réduire la sensibilité à la corrosion, allonger la durée de vie et diminuer le coût de production de 10 à 15% par rapport aux générations métalliques antérieures. John Cockerill Hydrogen indique que ce stack de 5 MW peut produire jusqu’à 1 000 Nm3 d’hydrogène par heure, ciblant en priorité des sites industriels tels que raffineries et unités pétrochimiques.
« 800 mégawatts de carnets de commande »
La société affirme disposer d’un carnet de commandes conséquent, évoquant 800 MW de commandes après avoir notamment remporté à la fin de 2024 un contrat important en Inde. La direction vise une cadence de production annuelle de 200 appareils à terme, destinée aux « gros marchés industriels ».
- Usine à Foussemagne : environ 30 salariés.
- Caractéristique du stack : 5 MW, 1 000 Nm3/h.
- Objectif industriel : 200 unités par an.
Enjeux locaux et retombées attendues
À l’échelle locale, la relance et la montée en puissance de la production d’électrolyseurs peuvent soutenir l’emploi industriel dans le nord du département et renforcer la filière hydrogène en Bourgogne-Franche-Comté. Si le site demeure de taille modeste aujourd’hui, la capacité à répondre à de grandes commandes (raffineries, chimie, sidérurgie) conditionnera l’évolution des effectifs et des sous-traitances régionales.
Le contexte reste toutefois dépendant de la demande industrielle pour l’hydrogène par électrolyse, souvent considéré comme la solution de substitution à l’hydrogène d’origine fossile dans des procédés difficiles à électrifier. La commercialisation et la réussite des essais en Allemagne seront des étapes clés pour transformer les carnets de commande évoqués en commandes effectivement livrées et en emplois stables sur le site de Foussemagne.
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Poids | 30 t |
| Dimensions | 7 m x 2 m (longueur x diamètre) |
| Puissance | 5 MW |
| Production d’hydrogène | 1 000 Nm3/h |
La trajectoire de ce site dépendra de la réussite des essais et de la concrétisation des commandes internationales. Pour les habitants du Territoire de Belfort, le projet représente néanmoins une opportunité industrielle et un signal positif pour la reconversion de sites et de compétences locales vers les technologies bas-carbone.