Une première pour le musée bisontin
Le Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie de Besançon accueille sa première œuvre de Marc Chagall. Offerte officiellement ce 20 juillet 2026 par la direction régionale des douanes de Franche-Comté, l’estampe L’acrobate au violon, datée de 1924, vient combler une absence ancienne au sein des collections graphiques de l’établissement.
Une trajectoire singulière, de la frontière suisse aux réserves de l’État
L’histoire de cette pièce remonte à 2006. Un contrôle à la frontière suisse aboutit à l’inspection d’un lot d’œuvres d’art. Deux pièces, dont L’acrobate au violon, ne disposent pas des autorisations d’exportation requises. Les détenteurs reconnaissent l’infraction, cèdent l’estampe à l’État et règlent une amende qualifiée de « forte », sans précision de montant. La douane engage alors un travail de documentation, en s’appuyant sur les spécialistes du musée bisontin pour établir la notice et l’authentification. La pièce est depuis conservée dans les réserves de l’État, jusqu’à sa cession gracieuse au musée.
Un choix ancré dans l’histoire locale
La décision de confier l’estampe à Besançon s’inscrit dans la continuité d’un ancrage administratif. La directrice régionale des douanes, Estelle Rocklin, rappelle le lien ancien entre la ville et l’institution :
« Besançon abrite depuis 1784 le siège de la direction des douanes de Franche-Comté, et nous sommes certains qu'il trouvera l'écrin idéal. »
Ce transfert valorise à la fois le rôle des douanes dans la protection du patrimoine et la compétence des équipes scientifiques locales mobilisées depuis la saisie.
Un enrichissement ciblé des collections graphiques
Jusqu’ici, aucune œuvre de Chagall ne figurait parmi les quelque 6 000 feuilles conservées par le musée. L’entrée de L’acrobate au violon comble cette lacune et renforce l’attractivité du fonds d’estampes. Le geste dépasse l’effet d’annonce : il structure le parcours des collections et offre un repère supplémentaire pour la médiation culturelle autour du XXe siècle.
| Élément | Donnée |
|---|---|
| Œuvre | L’acrobate au violon |
| Artiste | Marc Chagall |
| Technique | Estampe |
| Date de création | 1924 |
| Saisie douanière | 2006 |
| Don au musée | 20 juillet 2026 |
Conséquences pour le public et le territoire
Au-delà de l’effet patrimonial, cette arrivée nourrit l’offre culturelle locale. Elle consolide le positionnement du musée sur le segment des arts graphiques et atteste de l’efficacité des coopérations entre administrations et institutions culturelles du territoire. Pour le public bisontin, l’enjeu est clair : ajouter une signature internationale au répertoire accessible en salle et en action éducative.
- Un apport qualitatif pour les collections, avec une première pièce de Chagall.
- La reconnaissance du savoir-faire scientifique des équipes muséales bisontines.
- La traduction concrète d’une politique de protection du patrimoine par la douane.
Une pièce appelée à trouver sa place
Conservée pendant près de 20 ans dans les réserves publiques, l’estampe change de statut en rejoignant un établissement qui l’a, dès l’origine, aidée à être documentée. L’arrivée de L’acrobate au violon ouvre la voie à de nouvelles mises en perspective des collections et à des projets de médiation centrés sur la circulation des œuvres, la question des exportations et la traçabilité. Un cas d’école, désormais ancré à Besançon.