Un test génomique pour réduire les chimiothérapies inutiles
Besançon se place au coeur d'une avancée potentielle en oncologie. Le CHU de Besançon coordonne l'étude nationale FREDO qui évalue l'intérêt d'un test génomique pour déterminer, chez des femmes atteintes d'un cancer du sein hormono‑sensible, localisé et guérissable, si la chimiothérapie apporte un bénéfice réel.
Les premières conclusions de la phase initiale ont été présentées au congrès de la Société européenne d’oncologie médicale (ESMO) à Madrid. Elles portent sur 2 289 patientes recrutées à travers la France. Les résultats montrent qu'en s'appuyant sur ce test, il serait possible d'éviter la chimiothérapie chez une large part des patientes tout en maintenant des taux de contrôle de la maladie satisfaisants.
"Grâce aux tests génomiques, on va pouvoir ne pas faire de chimiothérapie chez 73 % des patientes. À cinq ans, leur taux de survie sans récidive... est très bon", explique la professeure Elsa Curtit, oncologue au CHU de Besançon.
Concrètement, le protocole envisage pour ces malades une prise d'hormonothérapie par comprimés et une chirurgie, mais la chimiothérapie ne serait administrée qu'en cas de résultat du test montrant un bénéfice attendu. L'enjeu est double : améliorer la qualité de vie des patientes en évitant un traitement lourd quand il n'est pas nécessaire, et optimiser l'utilisation des ressources du système de santé.
- Population étudiée : cancers du sein hormono‑sensibles, localisés.
- Nombre de patientes incluses : 2 289.
- Réduction estimée des chimiothérapies : 73 % des cas selon la phase présentée.
Les bénéfices potentiels sont importants. Pour les patientes, éviter la chimiothérapie signifie moins d'effets secondaires (fatigue, nausées, perte de cheveux, risques infectieux) et une convalescence plus simple. Pour l'hôpital et l'assurance maladie, cela représente une moindre charge logistique et financière — sans toutefois compromettre la survie et le contrôle local de la maladie, d'après les données à cinq ans évoquées.
| Indicateur | Chiffre |
|---|---|
| Patientes incluses | 2 289 |
| Réduction potentielle des chimiothérapies | 73 % |
| Horizon d'évaluation | Survie sans récidive à 5 ans |
Les résultats présentés sont prometteurs mais issus d'une première phase d'analyse. Il faudra attendre la validation complète de l'étude FREDO et des recommandations nationales avant de modifier systématiquement les pratiques. À Besançon, le CHU est néanmoins en première ligne pour ces évaluations et pour l'appropriation locale de ces tests génomiques.
Pour les patientes du Doubs, cette recherche est une lueur d'espoir : moins de traitements agressifs quand ils ne sont pas indispensables, sans concession sur l'efficacité. Les prochaines étapes consisteront à publier l'ensemble des données, préciser les critères d'utilisation du test et intégrer éventuellement ce parcours dans les prises en charge nationales.