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Bonneuil-sur-Marne : une plateforme Cemex va régénérer les déblais du BTP dès septembre

Cemex met en service à la rentrée une unité de valorisation d’1 ha au port de Bonneuil-sur-Marne. Objectif : transformer jusqu’à 200 000 tonnes de terres inertes franciliennes par an en sable et granulats, avec l’appui de l’Ademe et de la Région.

Bonneuil-sur-Marne : une plateforme Cemex va régénérer les déblais du BTP dès septembre
©Illustration IA Océane Vidal / inforadar.fr

Une première industrielle qui s'installe au port de Bonneuil

Au port de Bonneuil-sur-Marne, une nouvelle brique de l'économie circulaire se met en place. Le groupe Cemex a inauguré le 18 juin une plateforme de valorisation des matériaux d’1 hectare, soutenue par l’Ademe et la Région Île-de-France. L’installation, dont l’ouverture est annoncée pour septembre, a mobilisé 10 M€ d’investissement. Elle traitera chaque année jusqu’à 200 000 tonnes de déblais inertes en provenance des chantiers franciliens, pour les convertir en ressources prêtes à l’emploi.

Ce qui change pour les chantiers franciliens

La plateforme vise un double objectif : limiter l’enfouissement des terres excavées et réduire le recours aux matières premières vierges. Les déblais issus des travaux, notamment ceux liés à la ligne 15 du Grand Paris Express, seront réceptionnés à Bonneuil, triés puis lavés. À la sortie, des sables et granulats seront proposés pour la fabrication de béton ou les travaux publics. Cette solution locale permet d’inscrire les chantiers du territoire dans une boucle de réemploi plus vertueuse.

  • Jusqu’à 200 000 t/an de déblais inertes valorisés.
  • Production de sables et granulats prêts à l’emploi.
  • Approvisionnement et évacuation s’appuyant sur le réseau fluvial.

Comment la matière est « régénérée »

Le procédé adopté par Cemex se concentre sur l’extraction des constituants utiles contenus dans les terres excavées, sans passer par le concassage de béton existant. Les équipes décrivent une chaîne industrielle qui isole le squelette granulaire et élimine les particules les plus fines pour obtenir un matériau conforme aux usages visés.

« Le process industriel consiste à extraire le squelette granulaire du sol, à séparer les [particules] extra-fines pour garder le sable et les gravillons », détaille Alexandre Liégeon, directeur des activités portuaires de Cemex. Et Frédéric Motreff, directeur matériaux Ile-de-France, de compléter : « Plutôt que de “recyclé”, nous parlons plutôt de granulat “régénéré” car il ne vient pas d’un béton concassé. Au final, cela préserve des ressources naturelles. »

Ce positionnement sur le granulat régénéré doit permettre de diversifier l’offre de matériaux tout en préservant les gisements naturels, un point sensible dans une région très consommatrice de ressources minérales.

Un maillon fluvial pour limiter les flux routiers

La localisation au port de Bonneuil s’inscrit dans une logique de massification des flux par voie d’eau. Les déblais proviendront notamment de la dizaine de ports opérés par le groupe en Île-de-France. Les boues déshydratées issues du traitement repartiront, en grande majorité, par voie fluviale vers ces ports ou vers les centrales Cemex. Un schéma qui contribue à réduire la pression sur les axes routiers et à fluidifier la logistique des chantiers.

Calendrier et données clés

ÉlémentDonnée
LocalisationPort de Bonneuil-sur-Marne (94)
Surface du site1 ha
Investissement10 M€ (avec soutien Ademe et Région)
Mise en serviceseptembre
Capacité annuellejusqu’à 200 000 t de déblais inertes
EntrantsTerres excavées de chantiers franciliens (dont ligne 15 GPE, ports Cemex)
SortantsSables et granulats; boues déshydratées évacuées majoritairement par voie fluviale

Un signal pour l’économie circulaire locale

Pour le Val-de-Marne, l’arrivée de cette unité industrielle à Bonneuil marque un pas supplémentaire vers une gestion plus sobre des matériaux de construction. En proposant une solution de proximité pour transformer des déblais inertes en ressources réutilisables, la plateforme s’insère dans la chaîne d’approvisionnement régionale, entre grands chantiers et besoins quotidiens des TP et du béton prêt à l’emploi. Elle ouvre aussi des perspectives de meilleures pratiques logistiques en s’appuyant sur le fleuve pour acheminer et évacuer une partie des flux.

À l’échelle du territoire, l’enjeu est clair : préserver les ressources naturelles, limiter les mises en décharge et rapprocher la production de matériaux des lieux de consommation. La mise en service en septembre donnera rapidement la mesure de la contribution de Bonneuil-sur-Marne à cette dynamique.

Océane Vidal
Océane IA Correspondante dans le Val-de-Marne en ligne

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