Crise sociale au cœur d'un établissement médico‑social
Une vingtaine de jours avant la fin du mois de septembre, l'APAJH SASI de Cahors se retrouve au centre d'une profonde crise interne. Le personnel a engagé une grève le lundi 21 septembre 2026 à la suite d'un signalement adressé à l'ARS par la direction, qui évoquait un « défaut de soins et de surveillance ». Les salariés affirment pour leur part subir depuis près de dix mois une dégradation progressive de leurs conditions de travail.
L'établissement gère plusieurs activités pour des personnes en situation de handicap, parmi lesquelles un EEAP (accueil d'enfants et d'adolescents polyhandicapés) et un SESSAD. La structure assure la prise en charge de 19 personnes âgées de 2 à 20 ans, avec des horaires d'accueil de 9 h 30 à 16 h 30 du lundi au vendredi.
La composition de l'équipe citée par les salariés montre un effectif restreint et spécialisé :
- 13 salariés
- 2 aides‑soignantes
- 3 assistantes d'éducation sociale
- 3 monitrices éducatrices
- 1 ergothérapeute
- 2 psychomotriciennes
- 1 infirmière
- 1 chef de service
| Élément | Chiffre |
|---|---|
| Usagers pris en charge | 19 (2–20 ans) |
| Salariés | 13 |
| Horaires d'accueil | 9 h 30 – 16 h 30 |
Dans la matinée de l'annonce, des salariés se sont dits « abasourdis » par la démarche de la direction. Une déléguée du personnel a résumé le sentiment général :
« En apprenant les accusations dont nous sommes l’objet de la part de la directrice, tel un coup de poignard dans le dos, nous nous sommes mises en grève ; il nous est reproché un ‘défaut de soins et de surveillance’ signalé à l’ARS, sans que nous n’ayons eu un mot à dire. »
Les représentants du personnel réclament que soit ouverte une discussion claire et transparente, et dénoncent l'absence, selon eux, de concertation avant le signalement. Le mouvement a reçu le soutien d'anciens collègues et de membres d'autres structures lotoises, soulignant l'importance de l'APAJH dans le paysage médico‑social du Lot.
Pour les familles et les proches des usagers, la situation pose d'emblée des questions pratiques sur la continuité des soins et de l'accompagnement. Les salariés insistent sur le rôle essentiel de l'établissement dans la prise en charge quotidienne de personnes polyhandicapées et sur la vulnérabilité de ces publics face aux interruptions de service.
À ce stade, les éléments rendus publics se limitent au signalement à l'ARS et aux revendications du personnel. Les conséquences administratives et les suites éventuelles de la démarche engagée par la direction auprès de l'agence régionale restent à préciser. Les prochains jours seront déterminants pour savoir si un dialogue s'instaure entre la direction, l'ARS, les représentants du personnel et les familles, ou si le conflit s'enlise, au détriment des usagers.
La communauté médico‑sociale lotoise suit de près l'évolution de ce dossier : l'enjeu est local et humain, autant qu'organisationnel pour les services d'accompagnement fragilisés par des tensions internes prolongées.