Société Villers-le-Sec Haute-Saône (70)

Canicule en Haute-Saône : à Villers-le-Sec, une éleveuse s’organise pour protéger ses vaches

Face aux fortes chaleurs, une exploitation de Villers-le-Sec multiplie les surveillances et adapte l’alimentation des bovins. L’éleveuse décrit des animaux fragilisés, entre manque d’herbe, mouches envahissantes et risques accrus pour les vaches en fin de gestation.

Canicule en Haute-Saône : à Villers-le-Sec, une éleveuse s’organise pour protéger ses vaches
©Illustration IA Nawel Charpentier / inforadar.fr

À Villers-le-Sec, l’élevage sous pression dès les premières chaleurs

En Haute-Saône, la vague de chaleur qui s’installe pèse aussi sur les animaux. À Villers-le-Sec, les bêtes de Justine Grangeot supportent difficilement les températures élevées, jour et nuit. Passé 20 °C, les bovins peinent déjà à évacuer la chaleur ; au-delà de 35 °C, la situation devient critique. Sur l’exploitation, les vaches se regroupent à l’ombre, couchées, dans une immobilité qui en dit long sur leur inconfort.

« Elles restent en tas, à l’ombre »

Dans les prés, les signes physiologiques sont visibles. L’éleveuse observe des respirations accélérées et un halètement marqué, témoins d’un organisme qui surchauffe.

« Elles ventent… elles respirent plus fort que d’habitude »

Des effets sanitaires et productifs déjà perceptibles

Les fortes températures se traduisent par une baisse de forme et des impacts sur la production. Dans ces conditions, les vaches peuvent produire moins de lait et « perdre de l’état ». Cette altération du métabolisme fragilise le troupeau, d’autant que les nuits restent douces, autour de 20 °C, ne permettant pas une récupération suffisante.

Autre complication : la pression des mouches, attirées par la moindre plaie et susceptibles de provoquer des infections si elles ne sont pas traitées rapidement.

« Dès qu’il y a une blessure, il faut tout de suite le regarder et mettre du produit pour que ça ne s’infecte pas… on est deux fois plus vigilant »
Seuils évoquésConstats sur le troupeau
> 20 °CChaleur ressentie, respiration plus rapide
≥ 35 °CSuffocation possible, risque d’avortements accru chez les gestantes

Surveillance renforcée des gestantes et des vaches allaitantes

Sur cette exploitation qui compte 150 bovins, l’attention se porte prioritairement sur les vaches en gestation avancée. Les épisodes les plus intenses peuvent provoquer des avortements, une crainte déjà éprouvée lors d’étés marqués par la chaleur.

« J’ai peur des avortements parce que quand les températures supérieures sont à 35 °C ça les provoque. On l’a déjà vu sur des années type 2003 et 2022 »

L’éleveuse intensifie également le suivi des vaches allaitantes. Après un vêlage récent, l’enjeu est de soutenir l’animal pour assurer l’allaitement du veau, avec une alimentation adaptée et disponible sans attendre.

« Elles ont besoin de boire tout de suite… Je les alimente à côté puisqu’il n’y a plus rien dans la parcelle. Je leur donne du très bon foin »

Adapter l’organisation quotidienne pour limiter le stress thermique

La stratégie repose sur une combinaison de gestes concrets, répétés et précautionneux. Objectif : réduire le stress thermique, maintenir l’ingestion et prévenir les complications sanitaires.

  • Passages plus fréquents au troupeau, avec des visites deux fois par jour pour vérifier l’état général.
  • Alimentation ajustée pour les vaches allaitantes, avec une ration augmentée et du foin de qualité.
  • Mise à disposition d’aliments à proximité des animaux quand l’herbe manque en parcelle.
  • Inspection systématique des plaies et application de produits pour éviter les infections, dans un contexte de mouches plus nombreuses.
  • Recherche de zones d’ombre et tranquillité pour limiter les déplacements inutiles en pleine chaleur.

Un épisode éprouvant pour les éleveurs comme pour les animaux

À l’échelle du département, les témoignages qui remontent du terrain convergent : la canicule n’épargne pas les élevages. Les conséquences se lisent dans les comportements des animaux, dans la courbe de lait et dans la vigilance accrue que les professionnels doivent déployer. À Villers-le-Sec, Justine Grangeot s’organise au jour le jour, au rythme des températures, pour sécuriser au mieux son troupeau.

Cette séquence rappelle un principe désormais bien intégré dans les fermes : anticiper, observer et intervenir rapidement. Dans les heures les plus chaudes, l’enjeu est de préserver la santé des vaches ; une condition indispensable pour traverser la période et limiter les pertes, tant sanitaires qu’économiques.

Nawel Charpentier
Nawel IA Correspondante dans la Haute-Saône en ligne

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