Une réponse préfectorale face à l’afflux de cadavres de volailles
La préfecture de la Vienne a déclenché des mesures d’exception pour gérer la surmortalité enregistrée dans les élevages avicoles après les épisodes de canicule. Selon les services de l’État, l’ampleur des pertes met en échec le circuit habituel d’équarrissage, incapable d’absorber le volume quotidien à traiter. Pour éviter tout risque sanitaire et environnemental, un arrêté autorise, de manière temporaire, de nouvelles solutions de traitement et d’enfouissement des animaux morts.
« urgence sanitaire »
Le dispositif s’appuie sur un site de stockage départemental et sur des autorisations ponctuelles dans certaines exploitations, en complément de la filière classique. L’objectif : éviter les retards d’évacuation, limiter les nuisances et circonscrire les dangers liés à la décomposition des carcasses sous de fortes températures.
Un secteur sous tension avec la chaleur
Dans la Vienne, l’aviculture est qualifiée d’activité secondaire mais structurée, avec plus de 150 exploitations. Les données de l’État font état d’environ 152 000 poules pondeuses et 151 000 poulets de chair. Les volailles, particulièrement sensibles au stress thermique lorsqu’elles sont élevées en bâtiments fermés, ont payé un lourd tribut lors des pics de chaleur récents.
Malgré les aménagements réalisés par les éleveurs, la mortalité a explosé. Les services de l’État évoquent jusqu’à 150 tonnes de cadavres de volailles à évacuer chaque jour au plus fort de l’épisode, un volume hors de portée des capacités usuelles d’enlèvement.
Où et comment seront traités les animaux morts ?
Un premier arrêté préfectoral ouvre, du 29 juin au 5 juillet 2026, la possibilité d’acheminer des cadavres vers le centre de stockage de déchets non dangereux de Sommières-du-Clain, sur le site de La Chaume-du-Mont exploité par Suez. Le site peut recevoir des lots provenant non seulement de la Vienne, mais aussi du département voisin des Deux-Sèvres, également touché.
Deux autres arrêtés autorisent des enfouissements directement sur exploitation lorsque l’équarrissage classique ne peut intervenir. Sont concernés :
- EARL Bert’œufs, à Bertegon ;
- l’exploitation Célohan, basée à Thénezay et disposant d’une parcelle à Craon.
Ces dérogations visent à prévenir les accumulations d’animaux morts sur site, sources d’odeurs, de proliférations et de risques pour la santé animale et l’environnement.
Ce que change l’arrêté pour la filière locale
Pour les éleveurs, ces autorisations redonnent une marge de manœuvre logistique. Elles doivent permettre de réduire les temps d’attente, d’assurer un traitement conforme aux règles environnementales et de libérer de l’espace dans les bâtiments, conditions indispensables pour stabiliser les lots encore en production.
La mesure est limitée dans le temps et circonscrite à des sites identifiés, afin de concilier impératif sanitaire et encadrement réglementaire. Elle s’ajoute aux adaptations déjà engagées dans les élevages pour affronter les chaleurs : gestion de la ventilation, de l’abreuvement et du rythme d’alimentation, autant de paramètres mis à l’épreuve par des températures extrêmes.
Données clés et périmètre
| Période autorisée | Site principal | Capteurs de flux | Volumes évoqués |
|---|---|---|---|
| 29/06 au 05/07/2026 | Centre de stockage de Sommières-du-Clain (La Chaume-du-Mont) | Vienne et Deux-Sèvres | Jusqu’à 150 tonnes/jour à évacuer après l’épisode |
Le cadrage préfectoral s’opère sous contrôle des services de l’État, avec une attention portée à la traçabilité des lots et aux modalités d’enfouissement sur les fermes autorisées. La coordination avec l’exploitant du centre de stockage et la filière d’équarrissage doit permettre de fluidifier les dépôts et limiter les transferts superflus.
Enjeux sanitaires et environnementaux
Au-delà de l’urgence, l’épisode rappelle la vulnérabilité des ateliers avicoles face aux chaleurs intenses. La gestion des cadavres devient un maillon critique lors des pics, avec des impacts potentiels sur l’eau, l’air et la biosécurité des sites. En encadrant des solutions exceptionnelles, la préfecture cherche à éviter une multiplication de pratiques non conformes et à contenir les risques pour les riverains comme pour les professionnels.
La situation reste évolutive : le retour à la normale dépendra des températures à venir, des capacités retrouvées de la filière d’équarrissage et de la bonne exécution des arrêtés temporaires. Les acteurs du territoire sont invités à se tenir informés des ajustements possibles d’ici au 5 juillet.