Un message de santé publique au cœur des vagues de chaleur
Alors que la France enchaîne les épisodes de canicule, la question des bons réflexes face aux coups de chaud s’impose. Un avertissement clair émane de Laurent Giraudon, chef du pôle pharmacie au CHU de Montpellier : en cas de signes évocateurs d’un coup de chaleur, le paracétamol n’est ni la solution, ni sans risque.
Le contexte est lourd de sens : après un premier épisode caniculaire précoce, le pays a affronté une deuxième vague, et un troisième épisode est annoncé. Cette succession ravive les débats sur l’urgence d’agir face aux effets sanitaires du changement climatique, que soulignait récemment l’ONG Oxfam dans un rapport publié le 18 juin.
Le paracétamol, un faux-ami en cas de « coup de chaud »
Laurent Giraudon rappelle les priorités : se refroidir, s’hydrater de façon mesurée et solliciter une aide médicale en cas de malaise.
« Si vous avez un coup de chaud, ne prenez pas de Doliprane ! »
Il insiste : un coup de chaleur est une urgence vitale qui ne se soigne pas avec du paracétamol. Selon lui, ce dernier ne fait pas baisser la fièvre dans cette situation et expose à un risque de toxicité hépatique, c’est-à-dire une atteinte potentielle du foie. Les bons gestes priment : se placer au frais, s’humidifier le corps, boire (sans boissons trop froides), et appeler un médecin ou le 15 en cas de malaise ou de confusion.
Conserver ses médicaments à l’abri de la chaleur
Au-delà de la conduite à tenir, la chaleur prolongée interroge la stabilité et la conservation des traitements. Le pharmacien rappelle que les médicaments font l’objet d’évaluations à hautes températures avant leur mise sur le marché. Néanmoins, les épisodes caniculaires durables imposent des précautions domestiques simples.
- Entreposer les médicaments dans la pièce la plus fraîche du logement.
- Les garder dans leur emballage d’origine, hors de portée des enfants.
- En déplacement, utiliser une glacière ou un contenant isotherme (sans forcément ajouter de glaçons) pour éviter les pics thermiques.
- Ne pas oublier boîtes, comprimés ou gélules dans une voiture, où la température peut s’élever très vite.
| Températures évoquées | Enjeu |
|---|---|
| 40 °C | Seuil utilisé pour des tests de stabilité des médicaments |
| 50 °C | Température pouvant être atteinte dans une voiture |
Chaleur extrême : adapter ses pratiques, sans se mettre en danger
Si les médicaments sont conçus pour résister à des conditions éprouvantes, la durée et la répétition des vagues de chaleur appellent à la vigilance. Laurent Giraudon rappelle de limiter l’exposition des traitements aux extrêmes thermiques, notamment lors des transports, et de préserver l’intégrité des boîtes et notices, indispensables au bon usage.
Dans ce contexte, l’approche reste pragmatique : la canicule change la donne en matière de médication du quotidien. Conserver les traitements au frais, planifier ses sorties, se réhydrater régulièrement et connaître les signes d’alerte d’un coup de chaud sont autant de réflexes à intégrer. Les conseils du pharmacien se veulent opérationnels : se mettre au frais, humidifier la peau, boire sans excès de froid, et contacter un professionnel de santé en cas de symptômes préoccupants.
Repères pratiques et signaux d’alerte
- Face à un malaise avec confusion, appelez le 15.
- Évitez le paracétamol en cas de coup de chaud ; il n’est pas efficace pour la fièvre liée au stress thermique et peut exposer à une toxicité hépatique.
- Préservez vos médicaments : pièce fraîche, emballage intact, isotherme en déplacement, jamais dans une voiture surchauffée.
À l’heure où la chaleur extrême s’installe par vagues successives, la pédagogie prime : ajuster ses habitudes et connaître les limites des traitements usuels permet d’éviter des gestes à risque et d’orienter rapidement vers les bons recours médicaux.