Un pare‑feu improvisé au cœur d’un bras de fer judiciaire
La controverse enfle à Lège‑Cap‑Ferret après l'incendie qui a touché la presqu'île : le maire de la commune souhaite engager des poursuites contre Benoît Bartherotte, auteur d'un pare‑feu construit non officiellement, tandis que l'association de protection de l'environnement Ceba annonce des démarches, mais visant l’État et la commune.
La municipalité s'interroge sur d'éventuels préjudices subis par la collectivité et précise qu'elle exigera réparation si tel était le cas. Le maire, Philippe de Gonneville, a notamment rappelé que le pare‑feu privé se trouvait à « 18 kilomètres des flammes », pointant la question de la pertinence et de la chronologie des travaux réalisés par différentes parties.
De leur côté, les responsables ayant réalisé le pare‑feu public — sous l'égide de la mairie et des pompiers — indiquent avoir commencé l’intervention très tôt le vendredi matin, avant le chantier mené par l'entreprise privée GEA Bassin. Le directeur de cette société tient à préciser l'ordre des opérations et la coordination mise en place localement.
« Ce n’est que quand les flammes étaient parties, qu’on est venu me demander mes papiers »
Interrogé, Benoît Bartherotte affirme pour sa part avoir été transparent sur son projet dès le jeudi 23 et n'avoir reçu aucune interdiction avant le dimanche 26. Il relate avoir stoppé les travaux lorsque des contrôles administratifs sont intervenus et avoir reçu le 28 juillet un courrier du sous‑préfet exposant les modalités d'autorisation des travaux d'urgence, rappelant le rôle du commandant des opérations de secours et de la DDTM.
La controverse porte autant sur la chronologie des faits que sur la légalité des interventions en période de crise : qui pouvait décider et autoriser des travaux de débroussaillement urgents, et selon quelles procédures ? Dans ce contexte, les acteurs locaux cherchent à déterminer si la commune a subi un préjudice et qui en serait responsable.
Conséquences possibles pour les habitants et usagers de la presqu'île :
- Procédures judiciaires : la mairie annonce le lancement d'actions en réparation éventuelle.
- Enquête administrative : la chronologie des autorisations et interventions fera l'objet d'un examen.
- Mobilisation associative : Ceba a indiqué son intention d'agir, visant l'État et la commune, ce qui peut conduire à des recours administratifs ou contentieux.
| Date | Événement |
|---|---|
| Jeudi 23 juillet | Début annoncé du projet privé selon Bartherotte |
| Vendredi (matin) | Mise en place d'un pare‑feu sous l'égide mairie/pompiers |
| Dimanche 26 juillet | Premières demandes d'intervention administrative |
| 28 juillet | Courrier du sous‑préfet précisant les modalités d'autorisation |
Pour les riverains et usagers, la période à venir devrait apporter des précisions : expertise des dommages éventuels, décisions de justice ou recours administratifs, et, en parallèle, une nécessaire clarification des règles à suivre lors d'interventions d'urgence sur le littoral. Ces éléments détermineront si la responsabilité civile ou administrative peut être engagée et qui devra assurer d'éventuels remboursements.
Sur une presqu'île où les enjeux de sécurité sont sensibles en saison estivale, l'affaire met en lumière la difficulté de coordonner actions privées et opérations publiques en situation de crise, ainsi que l'importance d'un cadre décisionnel clair pour éviter les tensions et rétablir la confiance.