Un rappel brutal des risques pour les soignants cayennais
À Cayenne, la question de la sécurité des professionnels de santé a pris un relief particulier après qu’un infirmier libéral a été braqué alors qu’il se rendait au domicile d’un patient. Selon l’association Prévention sécurité santé Guyane, l’agresseur, qui semblait connaître le passage du soignant, l’a menacé avec un pistolet et s’est emparé de plusieurs effets personnels, dont des bijoux. Ce nouvel épisode de violence intervient alors qu’une journée de formation, co-organisée avec le centre de formation territorial de la Police nationale, s’est tenue la veille pour outiller les soignants face aux situations d’insécurité.
Une session dédiée aux réflexes de protection
La formation a rassemblé 14 participants aux métiers variés: médecins gynécologues, généralistes, sages-femmes, aides-soignants, assistantes et secrétaires médicales, sophrologues et réflexologues. Encadrée par cinq formateurs, la journée a alterné apports théoriques, échanges avec les forces de l’ordre et mises en situation simulant des agressions verbales et physiques. Objectif: identifier des réponses immédiates, simples et proportionnées.
« Cette formation est née du besoin de formation des professionnels de santé pour gérer les situations d'insécurité et d'éventuelles agressions »
explique le Dr Jawad Bensalah, président de l’association organisatrice. Et de préciser l’approche recherchée :
« Le but était de leur transmettre des gestes simples et efficaces pour pouvoir prendre la fuite ou s'éloigner du risque d'agression ou de danger »
Ce qui a été appris concrètement
- Repérer les signaux faibles d’une situation qui se tend (postures, voix, menaces voilées).
- Adopter une communication apaisante et poser des limites claires.
- Mettre en œuvre des techniques d’éloignement pour se dégager et quitter les lieux en sécurité.
Ces gestes ne prétendent pas neutraliser le risque mais visent à gagner du temps et à préserver l’intégrité des soignants, en particulier lors d’interventions à domicile, souvent effectuées tôt le matin ou en horaires décalés.
Une coordination en voie de structuration
Début mai, l’association a signé une convention avec l’Agence régionale de santé (ARS). Ce cadre prévoit deux leviers complémentaires: le déploiement de boutons « Police connectée » pour un signalement rapide aux forces de l’ordre, et le recrutement d’un coordinateur dédié aux questions de sécurité des soignants. L’enjeu est d’installer des réflexes partagés entre cabinets, structures de soins et forces de sécurité, pour que l’alerte soit immédiate et la prise en charge plus fluide en cas d’incident.
Organisateurs et déroulé de la journée
| Élément | Détail |
|---|---|
| Organisateurs | Prévention sécurité santé Guyane + Centre de formation territorial de la Police nationale |
| Participants | 14 professionnels de santé et du bien-être |
| Encadrement | 5 formateurs |
| Phases | Théorie et échanges / Simulations d’agressions / Exercices pratiques |
Pourquoi c’est crucial à Cayenne
Les soignants libéraux et salariés interviennent auprès de publics très divers, parfois dans des contextes tendus. À Cayenne, les déplacements pour des soins à domicile multiplient les points de contact avec l’espace public et l’imprévu. La session de formation, comme le dispositif « Police connectée » annoncé, répond à un besoin de prévention et de réflexes opérationnels au plus près du terrain, sans se substituer à l’action judiciaire ni au renforcement du maillage de sécurité.
Après le braquage, un impératif: prévenir et signaler
L’agression visant l’infirmier en tournée rappelle l’importance de signaler systématiquement les faits et de partager les informations utiles entre collègues, pour adapter si nécessaire les tournées, les horaires ou les consignes internes. Les organisateurs entendent prolonger cette première journée par d’autres sessions, afin de diffuser des pratiques communes simples: évaluation des risques avant intervention, procédures d’alerte claires, et coordination avec les forces de l’ordre en cas de menace avérée.
La combinaison entre formation, outils d’alerte et appui des autorités sanitaires ouvre une piste de réponse concrète: aider celles et ceux qui soignent à continuer d’exercer, sans s’exposer inutilement, et à protéger leur capacité d’intervention au service des patients à Cayenne.