Une enquête déclenchée par un corps retrouvé au squat Bambou
Le 16 mars 2024, la découverte du corps de Wemerson Do Rosario Dos Santos au squat Bambou, à Rémire-Montjoly, a enclenché une instruction dont les répercussions judiciaires se sont jouées début juillet 2026 à Cayenne. Selon le parquet, le téléphone de la victime, retrouvé à proximité, a livré des informations décisives sur ses liens avec la faction armée connue sous le sigle FTA (Familia terror do Amapá).
"son appartenance active à la faction Familia terror do Amapá"
Ces données ont permis aux enquêteurs de reconstituer un réseau d'échanges — messages, appels et déplacements — visant, d'après les investigations, à préparer des meurtres, des braquages, des extorsions et du trafic de stupéfiants. La section de recherches de la gendarmerie a mis au jour l'implication de plusieurs ressortissants, brésiliens et français, opérant entre Cayenne et Kourou.
Procès sous haute sécurité : dix prévenus jugés
Le procès s'est tenu du 22 au 24 juin 2026 dans une salle d'assises aménagée pour l'occasion, avec un dispositif de sécurité renforcé pour l'escort des prévenus. Dix hommes, considérés par le parquet comme appartenant à la FTA, ont été mis en examen principalement pour participation à une association de malfaiteurs en vue de la commission de crimes ou délits. Certains comparaissaient également pour des faits de vols aggravés et de détention d'armes.
Une branche locale d'une faction aux alliances et rivalités marquées
La FTA est présentée par les autorités comme proche du PCC (Primeiro comando da capital). Elle affronte notamment le Comando Vermelho (CV) et une autre faction dite Amigos para sempre (APS), alliée du CV. Ces rivalités, déjà responsables de plusieurs vagues de règlements de comptes en Guyane, expliquent en partie la violence observée dans certaines zones urbaines et périurbaines.
Peines et profils : des condamnations pour structuration criminelle
Au terme des audiences, plusieurs des prévenus ont été condamnés. Les inculpations retenues visaient avant tout l'organisation et la préparation d'actes criminels au sein d'une structure coordonnée ; le parquet a évoqué des peines pouvant aller jusqu'à 10 ans de prison pour certains dossiers. Les identités et les parcours des condamnés n'ont pas été détaillés dans le communiqué public.
- Faits principaux : assassinat, découverte d'éléments numériques, identification d'une faction.
- Procédure : enquête de la section de recherches, procès en juin 2026 à Cayenne.
- Enjeux : lutte contre les réseaux transfrontaliers et prévention des règlements de comptes.
Ce que cela signifie pour la Guyane
Cette affaire illustre le rôle déterminant des preuves numériques dans les enquêtes contemporaines et la façon dont un homicide peut révéler l'architecture d'un réseau criminel. Pour les habitants éloignés des centres urbains — où se concentrent parfois ces violences — la décision judiciaire est un signal renforçant la présence des services de l'État face aux organisations structurées. Reste la question des réponses préventives : information locale, coopération transfrontalière et dispositif de proximité pour limiter la progression de ces factions sur le territoire guyanais.
| Date | Événement |
|---|---|
| 16 mars 2024 | Assassinat au squat Bambou, Rémire-Montjoly |
| 22-24 juin 2026 | Procès des dix prévenus à Cayenne |