Une saisie transformée en ressource pour les collectivités
En Guyane, le carburant confisqué lors des opérations contre l'orpaillage illégal n’est plus systématiquement détruit. Une convention signée le 1er juillet 2026 entre le parquet de Cayenne, la préfecture, le commandement de la gendarmerie et l’Association des maires de Guyane ouvre la voie à la remise de ces carburants aux communes pour des missions d’intérêt général.
La première livraison a bénéficié à Saint-Laurent-du-Maroni : la commune a reçu 10 315 litres de carburant. Une autre remise, citée par la gendarmerie, concerne la commune de Papaïchto avec 3 660 litres distribués. Ce dispositif vise à rationaliser la gestion des saisies et à mettre ces ressources au service des collectivités locales.
Pourquoi ce changement ?
Jusqu’ici, les carburants saisis étaient confiés à des entreprises spécialisées pour être détruits, une procédure coûteuse pour l’argent public. Les nombreuses saisies hebdomadaires posaient aussi un problème de stockage dans les casernes : des bidons restaient parfois plusieurs semaines avant leur prise en charge. La gendarmerie a proposé au parquet une alternative permettant de valoriser ces produits plutôt que de les éliminer.
- Objectif financier : réduire le coût de destruction et de gestion des saisies.
- Objectif logistique : désengorger les casernes et sécuriser les stocks.
- Objectif social : fournir une ressource utile aux services municipaux (entretien, véhicules, etc.).
Comment le dispositif fonctionne
La convention prévoit que chaque compagnie de gendarmerie puisse remettre les carburants saisis aux communes de son secteur, en fonction des besoins et des quantités disponibles. Toutes les communes de Guyane peuvent en bénéficier ; les attributions seront donc liées à la fois aux saisies réalisées et aux demandes exprimées par les collectivités.
| Commune | Quantité remise (litres) |
|---|---|
| Saint-Laurent-du-Maroni | 10 315 |
| Papaïchto | 3 660 |
Enjeux locaux et précautions
Ce dispositif représente un gain tangible pour des communes aux budgets contraints et aux vastes territoires à entretenir. Il soulève néanmoins des questions pratiques : traçabilité des lots, conditions de stockage et sécurité, conformité aux règles environnementales et fiscales. La convention entre les partenaires institutionnels encadre ces aspects afin d’éviter des risques sanitaires et juridiques.
Pour les collectivités éloignées, souvent dépendantes du carburant pour les déplacements, l’entretien des pistes ou la collecte des déchets, cette mesure peut améliorer le fonctionnement des services publics. Reste à voir, au fil des prochaines opérations, comment la répartition sera organisée pour répondre équitablement aux besoins du territoire guyanais.