Un gouffre à la porte d’entrée, depuis l’automne 2024
À Chavanay, au pied du Pilat, les dégâts de l’épisode de crues du 17 octobre 2024 ne sont pas que des cicatrices de voirie. Chez Louis et Marina Albiach, un pan entier de la propriété a glissé de 8 mètres vers le bas. Terrain et parking se sont effondrés, laissant la porte d’entrée littéralement au bord du vide. Le pont de Chorieux, sur le Régrillon, a lui aussi été fortement endommagé. Tandis qu’une réouverture de l’axe est désormais évoquée, le couple craint de se retrouver à la rue.
« Nous avons été évacués par les pompiers le lendemain »
Le SDIS a pris en charge l’évacuation des occupants après la crue. Un arrêté de péril a été posé par la mairie, et le couple a été relogé à l’hôtel durant un mois. Faute de solution définitive, une entrée de secours a été aménagée provisoirement à l’arrière. Cette rustine n’a tenu que parce que la route de Pélussin restait barrée, permettant un accès sécurisé de fortune.
Une réouverture qui menace l’accès au logement
Selon la maire, Brigitte Barbier, la remise en circulation de la route interviendrait avant la fin de l’été. Mais ce retour à la normale sur l’axe implique, pour la commune, de réactiver l’arrêté de péril. Concrètement, l’accès provisoire mis en place chez les Albiach ne serait plus autorisé. Le couple redoute l’impasse: comment rentrer chez soi si l’unique chemin praticable disparaît?
« On ne pourra plus rentrer chez nous… On va se retrouver dehors. »
Cette perspective ravive une angoisse quotidienne depuis l’automne 2024: celle de vivre dans une maison habitable à l’intérieur, mais inaccessible sans risquer une chute. Le dilemme est clair: sécurité publique d’un côté, droit au logement de l’autre.
Le fonds Barnier, ultime recours face au risque naturel
La municipalité a orienté les habitants vers le fonds Barnier, dispositif public destiné à prévenir ou compenser les dommages liés aux risques naturels. Pour le couple, il s’agit du dernier filet possible: une aide qui pourrait financer, selon l’éligibilité et le montant accordé, des solutions de consolidation, de rachat ou d’aménagement. Reste l’inconnu des délais et de l’évaluation financière.
« C’est notre seul espoir. Normalement, on est éligibles, on remplit les critères, mais après, reste à savoir pour quel montant. On craint de devoir repartir à zéro… Et aussi quel délai ? »
Un territoire encore marqué par les crues
Dans la vallée du Régrillon, les glissements de terrain, talus fragilisés et ponts abîmés ont laissé des points noirs durables. Au-delà des routes rouvertes au trafic, la réalité demeure têtue pour les riverains: réparations complexes, procédures administratives, et une chaîne d’intervenants (propriétaires, assurance, commune, État) qui s’imbrique sur la durée. Ici, le quotidien s’organise autour d’un chantier qui n’en finit pas de commencer.
Calendrier, accès, vigilance: ce qui attend les riverains
La réouverture de la route de Pélussin allégera les circulations locales, mais devrait entraîner la remise en vigueur des interdictions autour des zones instables. Les habitants concernés par des périmètres de sécurité doivent s’attendre à des contrôles renforcés des accès, le temps de solutions techniques ou d’arbitrages sur les aides.
- La réouverture de l’axe routier est attendue avant la fin de l’été.
- L’arrêté de péril serait réactivé sur le secteur, limitant les accès non sécurisés.
- Le fonds Barnier est identifié comme levier pour traiter les dommages liés au risque naturel.
Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|---|
| 17 octobre 2024 | Crues du Régrillon; pont de Chorieux fortement dégradé; glissement sur la propriété des Albiach |
| Le lendemain | Évacuation par le SDIS; arrêté de péril et relogement d’un mois à l’hôtel |
| Depuis | Installation d’une porte provisoire rendue possible par la fermeture de la route de Pélussin |
| Avant la fin de l’été | Réouverture annoncée de la route et perspective de réactivation de l’arrêté de péril |
Ce que demandent les habitants
Pour Louis et Marina Albiach, l’attente se résume à deux mots: sécurité et accès. Sécuriser le talus, statuer sur l’aide publique, ou proposer une solution d’accès fiable: autant de décisions urgentes à prendre pour éviter qu’une maison encore debout ne devienne inhabitable faute de porte praticable. Sur ce dossier, la balle est désormais dans le camp des dispositifs de solidarité liés aux risques naturels et des autorités compétentes.