Un réseau fragilisé après une année difficile
Dans le Jura, les responsables locaux du don du sang font face à une situation préoccupante : les collectes attirent nettement moins de donneurs qu'auparavant, et plusieurs sites risquent de voir leurs tournées suspendues si la tendance se confirme. Le constat émane notamment de Jacky Colas, qui préside l'amicale de Champagnole et suit de près l'évolution départementale.
Selon lui, la canicule a pesé sur la fréquentation des collectes, en affaiblissant les potentiels donneurs et en augmentant les risques de malaise lors des prélèvements. Là où Champagnole accueillait autrefois entre 140 et 200 personnes par collecte, la satisfaction se situe aujourd'hui autour de 150 donneurs.
« Nous sommes passés de 16 collectes par an à dix, depuis la suppression des six collectes de plasma par aphérèse en unité mobile. Et cette baisse, je la constate partout. »
Des chiffres qui dessinent une vulnérabilité
Le Jura compte 17 amicales et 33 sites de prélèvement. Pourtant, certaines collectes rassemblent moins de 30 poches, un seuil en dessous duquel l'Établissement français du sang (EFS) hésite à dépêcher une équipe depuis Besançon. Le manque de statistiques en temps réel complique le suivi et la réactivité des organisateurs.
| Indicateur | Avant | Maintenant |
|---|---|---|
| Collectes annuelles à Champagnole | 16 | 10 |
| Donneurs habituels (par collecte) | 140–200 | ~150 |
| Amicales | 17 | |
| Sites de prélèvement | 33 |
Le plasma, un enjeu stratégique
Au-delà des poches de sang classique, la collecte de plasma est pointée du doigt. Le laboratoire d'Arras, censé traiter jusqu'à 3,5 millions de litres par an, n'en reçoit aujourd'hui qu'environ 1 million selon les éléments fournis. La France importe près de 65% du plasma destiné au fractionnement, notamment depuis les États-Unis, ce qui pose une dépendance préoccupante.
La suppression, depuis 2018, des collectes de plasma en unité mobile à Champagnole, Clairvaux ou Lons-le-Saunier oblige désormais les donneurs intéressés à se rendre dans une maison du don — souvent à Besançon — ce qui allonge le déplacement et peut décourager certains.
Mobilisation et solutions locales
Pour remonter la tendance, les amicales multiplient les initiatives : promotion sur les réseaux sociaux, interventions dans les lycées, participation à des événements locaux comme le carnaval de Champagnole et marches départementales. Le bouche-à-oreille reste, selon eux, l'outil le plus efficace. Des efforts sont aussi déployés pour organiser du covoiturage vers Besançon pour les donneurs de plasma.
- Renforcer l'information locale sur les lieux et horaires des collectes.
- Faciliter le transport des donneurs vers les maisons du don.
- Suivre plus finement les statistiques pour préserver les sites fragiles.
Face à la fragilisation du dispositif, l'appel des associations est clair : sans mobilisation accrue, certaines collectes pourraient disparaître et compliquer encore l'approvisionnement en produits sanguins et en plasma essentiels pour les traitements médicaux.