Un trafic organisé par drones ciblait la maison d'arrêt
Les gendarmes ont mis fin début août à une opération qui, pendant presque deux mois, a permis l'introduction massive de produits prohibés dans la maison d'arrêt de Villefranche-sur-Saône. Selon les éléments communiqués par les enquêteurs, 1 850 colis seraient parvenus aux détenus en environ 51 jours, soit une moyenne de 38 livraisons par jour.
Le mode opératoire, simple et efficace, exploitait la proximité immédiate de la prison : des drones décollaient depuis le parking d'une jardinerie situé à peine 200 mètres de l'enceinte, survolaient très brièvement l'établissement puis déposaient la cargaison à la fenêtre d'une cellule. Les envois contenaient notamment des stupéfiants, des cartouches de cigarettes et de l'argent liquide, a précisé le commandant Michael Ferreira de la compagnie de gendarmerie de Trévoux.
Les riverains décrivent des nuisances nocturnes répétées. "On les entend et puis après ça s'arrête et ça repasse, et ça s'arrête et ça repasse plusieurs fois dans la nuit", témoigne une habitante. D'autres évoquent des vols vers 3–4 heures du matin ou très tôt le matin, quand les effectifs et la vigilance sont réduits.
- Interpellations : 5 personnes arrêtées lors de l'opération ; dont des auteurs surpris en flagrant délit.
- Saisies : 500 g de cannabis, 6 000 € en liquide et 18 batteries de drones.
- Technique : décollages depuis une jardinerie à ~200 m de la prison, contournement rapide des filets antiprojections.
"Ce sont des produits qui sont interdits dans l'enceinte de la maison d'arrêt. Des produits stupéfiants, des cartouches de cigarettes, de l'argent liquide", a déclaré le commandant Michael Ferreira.
Conséquences locales et réactions
Sur le plan local, l'affaire questionne la sécurité du quartier et la capacité des établissements pénitentiaires à se prémunir des nouvelles techniques d'acheminement. Pour les riverains, la répétition des vols a perturbé le sommeil et accru le sentiment d'insécurité. Du côté du personnel pénitentiaire, la vulnérabilité nocturne des effectifs et l'accessibilité des fenêtres ont été pointées du doigt ; le secrétaire général de l'UNSA Justice, Cédric Rochis, évoque une situation d'« open bar » autour de l'enceinte.
| Élément | Chiffre |
|---|---|
| Durée estimée | ~51 jours |
| Nombre de colis | 1 850 |
| Moyenne quotidienne | 38 livraisons/jour |
| Saisies | 500 g cannabis, 6 000 € liquide, 18 batteries |
| Interpellations | 5 personnes |
L'opération a mobilisé plusieurs unités spécialisées, dont des équipes cynophiles et le PSIG, pour remonter la filière et interpeller les suspects. Les autorités locales devront désormais tirer les enseignements de cette méthode d'acheminement : renforcement des moyens de détection, adaptation des protections physiques et horaires, et coopération avec les commerçants alentours dont les parkings ont servi de base de décollage.
Pour les habitants de Villefranche-sur-Saône, la vigilance reste de mise : la facilité avec laquelle ces livraisons ont été effectuées illustre que la technologie, utilisée à des fins illicites, oblige à repenser la sécurité autour des établissements sensibles.