Une diversification audacieuse au cœur de la ferme
À la Ferme et Musée du Pruneau, des pruniculteurs du Lot‑et‑Garonne ont choisi de tourner une page de leur exploitation en plantant des bananiers sous serre. Installés depuis 2017, Vanessa et Fabrice Guijarro ont aménagé 1,6 hectare sous une structure vitrée équipée de panneaux photovoltaïques pour accueillir près de 1 200 pieds de bananiers de trois variétés.
Variétés adaptées et objectif de production
Les plants choisis sont Namwah, Orinoco et la Blue Java (surnommée banane bleue). Fournis par une pépinière française, ces plants sont annoncés 100 % bio et français. La première récolte est programmée pour septembre 2027, avec un objectif de production à terme situé entre 30 et 40 tonnes.
« On se demandait quel fruit planter dans la nouvelle serre que l'on venait de construire. En discutant avec des amis, on s'est dit : pourquoi pas la banane ? »
Choix technique dicté par le climat
Le couple a privilégié des variétés capables de supporter des températures basses : les trois cultivars retenus sont tolérants jusqu'à -4 °C. Face à des gelées plus sévères, les exploitants évoquent la possibilité de chauffer la serre, via des solutions comme un chauffage bioclimatique ou, plus modestement, des bougies pour limiter le froid.
« On apprend un peu tout seul car nous n'avons pas encore d'accompagnement technique », précise la productrice.
Positionnement marché et débouchés
Les Guijarro n'entendent pas concurrencer la banane Cavendish bon marché. Ils visent un créneau premium avec des variétés atypiques au profil gustatif marqué. À terme, la production doit alimenter le marché du frais, des pistes de transformation et des démarches zéro déchet sont envisagées.
- Surface plantée : 1,6 ha
- Nombre de plants : ~1 200 pieds
- Variétés : Namwah, Orinoco, Blue Java
- Première récolte : septembre 2027
- Objectif production : 30–40 tonnes
Enjeux et perspectives pour la filière locale
Ce projet illustre deux tendances actuelles : l'adaptation des exploitations au réchauffement climatique et la recherche de diversification pour stabiliser les revenus. Pour des terroirs comme le Lot‑et‑Garonne, la reprise d'espèces exotiques adaptées aux conditions changeantes ouvre des opportunités, mais pose aussi des questions techniques (acclimatation, conduite sous serre, lutte biologique) et économiques (accès à des marchés réguliers, valorisation du premium).
Les exploitants s'appuient pour l'instant principalement sur l'expérience de la pépinière productrice et sur leurs essais personnels. Un accompagnement technique plus structuré, via chambres d'agriculture ou organismes de recherche, pourrait accélérer la diffusion de pratiques et réduire les risques agronomiques. Pour l'heure, la ferme mise sur la qualité de ses plants, l'énergie photovoltaïque de sa serre et un positionnement différenciant pour réussir ce pari agronomique et commercial.